Festival Pause Guitare – 10 juillet 2009 – Place Sainte Cécile à Albi

Festival Pause Guitare – 10 juillet 2009 – Place Sainte Cécile à Albi
C'est sous un soleil de plomb que cette troisième soirée du festival à débuté en ce doux mois de juillet. Il s'agissait de la deuxième, pour moi, avec une programmation tout aussi alléchante que la veille : La Casa, Izia, Julien Doré et Ayo.
La soirée n'affichait pas complet comme la veille, mais le public s'était quand même déplacé en grand nombre. J'ai patiemment attendu que les organisateurs me donnent mon bracelet (vert fluo ce coup-ci), pour pouvoir prendre place sur le lieu où se trouvait la grande scène.
Malgré le fait que le premier concert allait débuter dans une quinzaine de minutes, la fosse était encore presque vide. Je n'ai pas eu de mal à trouver une place sur le devant, en espérant que ce coup-ci je n'aurais pas à supporter les désagréments de certains festivaliers.
Tout comme la veille, une personne du festival est venue faire une brève apparition pour nous présenter le programme de la soirée, avec les horaires de passage de chacun des artistes.

Puis ce fut au tour de La Casa de venir prendre place sur la scène.
Il s'agissait d'un jeune groupe originaire du Nord-Ouest de la France, dont j'avais vaguement entendu parler. Je n'ai pas eu à attendre longtemps pour comprendre qu'il s'agissait d'un pur groupe de chanson française : trompettes, guitares folk, piano etc ... Ils avaient l'air bien sympathiques et chaleureux. Leurs titres étaient plutôt épurés, tout en restant mélodieux, et les textes semblaient y avoir une place importante. Certains des musiciens étaient multi-instrumentistes (à la fois chanteurs, guitaristes, pianistes). Ils avaient l'air impressionnés de jouer devant autant de monde, mais ça ne les a pas empêchés d'essayer de faire participer le public, notamment en nous demandant de taper dans les mains sur la plupart des chansons. Ils nous ont ensuite demandés si on souhaitait faire une traversée dans le désert. La plupart des personnes ont répondu que oui, sans trop savoir où ils voulaient en venir, et c'est ainsi que j'ai reconnu les notes de « Go, go, go », le seul titre que je connaissais d'eux, pour l'avoir déjà entendu sur le mouv'. Il est vrai que leurs sonorités rappellent à certains moments des ambiances du Colorado d'Amérique du Far Ouest. Puis un gars un peu lourdingue s'est mis à crier « à poil !!! », pensant certainement faire l'intéressant. Le chanteur l'a regardé un peu timidement, en grommelant « moi je veux bien, mais y'a un petit courant d'air, j'ai peur d'attraper froid ». Puis il n'a pas manqué de complimenter notre ville, en affirmant qu'on avait beaucoup de chance d'y vivre (je ne sais pas s'il le dit à chaque fois qu'il joue dans une ville différente...). Ils ont ensuite enchainé sur d'autres titres qu'on peut aujourd'hui entendre sur certaines radio, comme « t'as pas de style ». Il y a également eu « qui veut nos peaux », ou encore « la lune ». On peut dire qu'à la fin de leur set, ils avaient réussi à se mettre une grande partie du public dans la poche, car les gens n'ont pas manqué de gueuler pour qu'ils reviennent ! C'est avec un grand sourire aux lèvres qu'ils ont accepté de nous en jouer une dernière. Mais visiblement ils n'en avaient plus en stock puisqu'ils nous ont proposé de refaire une traverser dans le désert avec « go, go, go », en prétextant que ça permettrait à ceux qui n'étaient pas là tout à l'heure d'en profiter. Mais ce coup-ci ils ont demandé à ceux du fond de se lever, et nous ont invités à chanter le refrain à leur place « go, go, go, go, go .... En el camino go ... », chose que le public à essayer de faire, du mieux qu'il a pu. Puis le groupe nous a chaleureusement salués une dernière fois, en nous remerciant pour notre accueil ! Il s'agissait d'une très bonne découverte pour moi. Les chansons étaient plutôt sympas, et les musiciens très sympathiques !!

Il restait maintenant à attendre qu'Izia, la fille de Jacques Higelin fasse sont entrée.
Sans la connaître, j'avais déjà entendu dire qu'elle avait une sacrée réputation scénique. Par contre niveau style, je ne savais pas du tout à quoi j'allais m'attendre ! Il s'agissait de la grande découverte du festival, qui semblait attendue par un grand nombre de personne. Il n'aura pas fallu attendre très longtemps pour la voir faire son entrée. Nous l'avons vu fouler les marches de la scène avec un grand sourire aux lèvres, avant qu'elle ne prenne sa guitare pour nous jouer seule un morceau doux et intime. Ca ne devait pas être facile pour elle de se mettre à nu comme ça dès le premier titre. D'autant plus que ses musiciens n'avaient pas encore fait leur apparition. Son répertoire semblait calme et mélodieux, et j'ai de suite été bluffée par son grain de voix et sa forte présence dans la manière d'interpréter ses morceaux. Mais cet instant intime et privilégié n'aura pas duré longtemps, car lorsque les autres musiciens ont fini par prendre place sur scène, au milieu de la chanson, les guitares se mises à rugir et nous avons eu droit à une vrai leçon de rock brut des années 70. Je ne m'y attendais pas du tout, et je me suis rendue compte qu'Izia était en réalité une vrai boule de nerf scénique, complètement folle et passionnée !! D'ailleurs, lorsqu'ils ont eut terminé le premier titre, elle nous a regardés avec un énorme sourire espiègle en déclarant « ouahh, je suis sûre que beaucoup parmi vous sont en train de se dire que c'est quand même vachement plus violent que le groupe précédent !! Est-ce que vous êtes prêts à bouger avec moi pendant presque 1 heure ?? ». Pendant tout le concert j'ai été explantée par sa présence, sa façon d'interpréter ses chansons, et sa bougeotte sur scène. Elle ne relâchait pas l'attention une seule seconde ! Elle était toujours à fond, à 130 kms / h, et semblait vraiment passionnée par ce qu'elle faisait. Dommage que le style rock / punk était un peu trop violent pour moi. Mais au moins on ne s'ennuyait pas avec elle. Elle nous a d'ailleurs fait un ravissant hommage au dieu du rock, en déclarant « priez mon dieu parce que j'ai pêché – Au nom du père, du fils ..... et du rock'n'roll !! » Il est vrai que le rock a toujours plus ou moins été l'ennemi de la chrétienté, et elle s'est servie de cette allusion pour enchainer sur le titre qu'on peut déjà écouter sur les bandes son du mouv' : « back in town ». A la voir on aurait vraiment cru assister à un concert de Patti Smith : même fougue, même grande voix ...
Puis elle s'est arrêtée un instant pour nous annoncer qu'elle souhaitait dédicacer la chanson suivante à une personne qui avait beaucoup compté pour elle. Puis c'est à ce moment que les larmes ont commencé à monter à ses yeux. Elle s'est arrêtée en murmurant entre deux sanglots « je n'arrive pas à le dire ». Dans le public, on ne savait plus s'il fallait l'encourager à poursuivre, ou ne rien dire. Son guitariste s'est alors approché d'elle pour essayer de la consoler, et c'est à ce moment qu'elle s'est mise à hurler, le sourire aux lèvres, pour entamer de manière énergique la chanson suivante. Bref, tout cela ne ressemblait qu'à une mise en scène. Surtout à la fin du morceau, où elle s'est amusée à se balancer comme une marionnette, à chaque fois que le guitariste lançait un riff. Il s'en est d'ailleurs amusé pendant un bon petit moment.
Puis elle s'est approchée de la scène comme une furie en criant « bon alors sur le prochain morceau, je veux que tout monde se lève. Allez putain les gens du fond, levez-vous, ne me foutez pas la honte !! ». Tout le monde a exécuté sans aucune exception. Elle avait réussi à se mettre les 3/4 du public dans la poche. Il est vrai qu'il était difficile de rester de marbre face à son énergie et sa générosité. Je me demandais comment elle arrivait à tenir, à force de se balancer dans tous les sens. Elle dégoulinait de sueur et sa coiffure ne ressemblait visiblement plus à rien. Puis elle nous a annoncé le dernier morceau de la soirée. Tout le monde dans le public s'est mis à râler, en demandant à ce qu'il y ait un rappel par la suite. Elle s'est alors mise à sourire en déclarant « attendez-là, ça suffit. On vous en donne un peu, et après vous en demandez toujours plus !! ». Puis elle nous a lancé un regard espiègle en disant « ok si vous êtes sages .... Ou plutôt si vous n'êtes pas sages !! ». Puis après avoir fait danser la foule une dernière fois, elle nous a fait au revoir de la main, en nous remerciant du fond du c½ur. Evidemment, tout le monde s'est mis à gueuler pour la faire revenir, et c'est avec un grand sourire au visage qu'elle est revenue, visiblement très émue (et ça ne semblait pas être de la comédie), en déclarant « je suis vraiment heureuse ce soir, parce que je sens qu'il se passe quelque chose entre nous, et ce n'est pas de la démagogie !! ». Acclamée par la foule, elle prit son micro une dernière fois pour nous interpréter un dernier titre. Je pense qu'on pouvait aisément lui attribuer la palme de la soirée. Elle aura vraiment marqué les esprits de cette édition 2009.

Ceci dit, il fallait maintenant laisser place à une personne beaucoup plus connue du grand public : Julien Doré, la nouvelle star 2007.
Encensé par la critique des médias, ce jeune chanteur Nîmois avait éveillé chez moi une grande curiosité. J'avais déjà pas mal accroché sur ses titres connus tels que « first lady » ou « les limites », et il avait une assez bonne réputation scénique, avec des concerts enflammés, selon les dires des médias.
Cependant, j'ai commencé à prendre peur quand pendant l'entracte j'ai pu apercevoir une ribambelle de jeunes adolescentes qui essayaient de se frayer un passage sur le devant de la scène. J'avais oublié que les personnes connues ramenaient inévitablement ce genre de population ! Je commençais déjà à redouter les cris perçants que j'allais me prendre dans mes oreilles !! Les techniciens étaient sur le point de terminer l'installation de la scène. On pouvait y voir tout un tas d'accessoires qui ne servaient visiblement à rien : une lampe de chevet rose, des guirlandes, des écharpes ... ainsi qu'une inscription géante : « Julien Doré & the bash » !
Puis les lumières se sont éteintes et les musiciens ont commencé à prendre place dans la pénombre. Au départ j'ai cru confondre Julien avec son pianiste (qui avait les cheveux un peu plus courts), mais je me suis vite rendue compte de mon erreur quand j'ai entendu des cris perçants au moment de l'entrée de la dernière personne qu'il manquait ! Les flashs des appareils photos se sont multipliés, on se serait presque crus sur la croisette à Cannes. Les jeunes groupies étaient devenues complètement incontrôlables ! Mais Julien semblait complètement blasé face à ce genre d'attitude. Il a débuté avec deux chansons calmes, avant que le même gars que tout à l'heure se remette à crier « à poil !!!! » (histoire de mettre un peu d'ambiance ??). Julien s'est également mis à crier en retour « à poil !!!», en simulant de le faire, avant de s'arrêter net, pour complimenter notre belle ville. Cherchait-il à se mettre le public dans la poche ? En tout cas il nous a vivement recommandé de montrer qu'on était là. Mais mis à part les groupies, l'ambiance était carrément inexistante. Il avait beau enchainer ses chansons, je commençais sérieusement à m'ennuyer. Après toutes les éloges que l'émission « nouvelle star » lui avaient faites, je trouvais qu'il n'y avait vraiment pas de quoi en faire tout un plat. Ses concerts ne semblaient pas si originaux que cela. J'avais l'impression qu'il récitait son album. Et pour couronner le tout, il avait l'attitude d'un gars très prétentieux. Certainement à force d'entendre des « Juliiiiiien je t'aime !!! T'es trop beaaaaau !!! ». Ce n'est qu'au moment où il a pris sa guitare pour jouer les premières notes de « Moi Lolita », que le public de devant s'est mis à hurler. La ribambelle de groupies à côté de moi se sont mises à chanter le refrain en c½ur avec lui (mon dieu quelle horreur, mes oreilles ne s'en sont toujours pas remises), avant qu'il ne se mette à bifurquer sur « les limites ». La foule s'est alors mise timidement à l'acclamer, sans que ce ne soit l'effervescence pour autant. Le style de Julien Doré ne semblait convenir aux amateurs d'Ayo, La Casa ou Izia. Puis le tube « first lady » est arrivé très rapidement (dans un dernier espoir pour rallier le public à sa cause ?). C'est à peu près le seul moment du concert où je l'ai vu en transe, alors que tous les médias le vendait comme sa marque de fabrique. Il s'est alors sagement approché d'une jeune fille pour lui chanter le couplet les yeux dans les yeux, avant de nous faire son numéro de Kakou en escaladant les piliers de la scène, sans protection, en criant « fais-moi sortir d'ici ... ».
Mais mis à part les groupies, il n'aura pas réussi à impressionner grand monde. Il a ensuite enchainé sur 2 – 3 autres titres nazes, avant de finir sur une espèce de solo interminable avec ses musiciens. On aurait presque dit qu'ils avaient oublié qu'ils avaient un public en face d'eux. Ils s'éclataient ensemble, mais vraiment en petit comité ... Puis c'est avec un bref salut de la main qu'il nous quittera au bout d'une heure de show. Certains auront essayé de le rappeler. Mais en vain. C'était le seul artiste de la soirée qui n'avait pas souhaité revenir. Etait-il vexé de ne pas avoir réussi à se mettre le public dans la poche ? Comme quoi il ne suffit pas d'être célèbre pour gagner l'estime des gens. Izia et la Casa ont eu beaucoup plus de succès alors que personne ne les connaissait.

Le temps du dernier entracte était venu afin d'installer le plateau d'Ayo, la tête d'affiche de la soirée. J'ai ainsi pris la décision de quitter la fosse afin de trouver un endroit pour m'asseoir quelques instants. Les gradins étaient évidemment tous pris. J'en ai donc profité pour quitter la scène principale et aller me promener autour des chapiteaux. Mon dos et mes jambes me faisaient atrocement souffrir, à force d'être restée debout sans bouger pendant tout ce temps. Je me suis assise quelques instants sur les marches de la cathédrale Ste Cécile. La fin de concert allait s'annoncer très difficile, d'autant plus qu'Ayo n'était pas une artiste que je tenais à voir absolument. Son univers world / saoul ne faisait pas du tout partie de mon style de musique. Mais c'était tout de même dommage de quitter le festival sans avoir vu à quoi ressemblaient ses concerts. J'ai donc décidé de retourner sur le lieu de la grande scène. Bien évidemment je me suis retrouvée au fond de la fosse. Mais ce n'était pas plus mal, comme cela j'allais pouvoir m'appuyer contre la cathédrale et soulager mon dos. Tout le monde attendait patiemment que notre jeune chanteuse métisse fasse son entrée. Elle savait se faire désirer. C'est avec 5 petites minutes de retard qu'elle fit son apparition sous les applaudissements enchantés des fans. On était loin de l'ambiance « Julien Doré ». Elle était accompagnée de nombreux musiciens qui avaient l'air plutôt balaises. Mais malgré tout, j'ai eu beaucoup de mal à accrocher à son set. Je n'aimais vraiment pas le style, bien que musicalement parlant on ne pouvait pas lui reprocher grand-chose. C'était peut-être trop mou, pour passer à une heure aussi tardive, où les gens commencent à être fatigués. Ayo était très souriante, mais aussi très timide. Elle a commencé à nous adresser la parole au bout du cinquième morceau, en chantonnant « est-ce que ça va Albi ? Est-ce que vous avez envie de partager ? J'espère que oui, car pour moi c'est le cas ! ». Le public ne semblait pas très réactif. Il était partagé entre les fans, et ceux qui s'en allaient au fur et à mesure des chansons. Je commençais sérieusement à m'endormir. Mais malgré mon terrible mal de dos, j'ai quand même fait l'effort de rester 3 / 4 d'heure, histoire de pouvoir me faire une idée de ce que cela pouvait être un concert d'Ayo ! Il n'y avait rien à redire sur la performance musicale, mais cela manquait cruellement de punch ! Ils auraient dû faire passer Izia en dernier, ça aurait réveillé tout le monde.
Il ne me manquait plus qu'à rejoindre ma voiture pour rentrer me reposer, en attendant de revenir le lendemain pour la dernière soirée du festival, en compagnie de Bénabar et Debout Sur Le Zinc !!


[ Adicionar um comentário ] [ Nenhum comentário ]

# Enviado em Domingo 27 Setembro 2009 06:41

Festival Pause Guitare – 9 juillet 2009 – Place Ste Cécile à Albi

Festival Pause Guitare – 9 juillet 2009 – Place Ste Cécile à Albi
Cette année la place Sainte Cécile, située aux pieds de la célèbre cathédrale rose d'Albi, accueillait la 13e édition du festival Pause Guitare. Grand rassemblement de la chanson française, cette manifestation a su s'adapter au fil des années aux évolutions musicales du moment, un proposant un programme toujours plus éclectique et diversifié. Ce ne sont pas moins de 3 scènes qui ont accueilli du 8 au 11 juillet une trentaine de groupes, sans oublier tous les « à côtés » que le festival nous avait spécialement concoctés : apéros concerts gratuits en fin d'après midi, interviews publiques de nos artistes préférés par la radio locale CFM, ateliers d'écriture, expos photos ... sans oublier les nombreux chapiteaux qui avaient été installés, où les artisans locaux pouvaient nous proposer librement leurs produits locaux du Terroir (les vins de Gaillac étaient d'ailleurs présents, forcément !!!).
La programmation 2009 était particulièrement alléchante, et j'ai ainsi décidé d'acheter mes billets pour les 3 soirées du 9, 10 et 11 juillet. J'ai d'ailleurs eu beaucoup de mal à récupérer une entrée pour le 9 juillet. J'ai heureusement réussi in extremis à en récupérer une via Internet et le site du festival (la fnac et virgin n'en vendaient plus). Il s'agissait de la soirée avec Tryo en tête d'affiche, accompagnés de Flow, Caravan Palace et les Ogres de Barback ... Pas étonnant que les gens se soient rués dessus !!
Il faisait relativement froid pour un début de mois de Juillet, mais ce n'était pas plus mal. Je suis arrivée sur le lieu du festival aux alentours de 18h30 (il m'avait fallu faire le trajet depuis Montpellier), et j'ai été agréablement surprise de la configuration du festival. Ca prenait de plus en plus la tournure des Francofolies de la Rochelle, avec les mêmes types d'animation. Pleins de groupes amateurs étaient venus jouer à l'entrée du festival, histoire de se faire connaître auprès des nombreux mélomanes qui étaient présents. L'écologie était également le mot d'ordre des organisateurs : toilettes sèches, gobelets « pause guitare » consignés, produits bio (salades, jus de fruits pressés à la main, etc ...), tri sélectif etc ... Je trouvais ça plutôt bien !
Les organisateurs nous remettaient à la présentation de nos billets un bracelet (violet pour le jeudi), pour que nous puissions accéder librement à tous les chapiteaux de la place Ste Cécile (mais pas aux deux autres salles de concert, malheureusement ...). Justement en passant devant celui de la radio locale, j'ai pu entrapercevoir le guitariste de Tryo qui était en train de réponde aux questions des animateurs. Des stands d'information Greenpeace étaient également présents, ce qui n'était pas une surprise quand on connaît les engagements de Tryo et le soutien qu'ils apportent à cette association !
Mais il n'y avait pas encore foule quand j'ai pris place sur le lieu du concert. J'ai été surprise de voir le peu de places assises. Elles étaient à une cinquantaine de mètres de la scène. Bien qu'un écran géant avait été installé pour faire profiter ceux qui étaient assis loin, j'ai quand même décidé de m'installer dans la fosse, car regarder un écran géant pendant un concert ne m'a jamais emballé !! J'ai finalement pu me mettre à 5-6 mètres de la scène. Autant dire quasiment tout devant. J'espérais que cela n'allait pas me coûter d'avoir à supporter les pogos et slams des plus jeunes. Nous étions tranquillement assis en train de manger nos sandwichs, quand une personne du festival est montée sur scène pour nous saluer. Tout le monde s'est levé, et nous l'avons écoutée nous présenter le programme de la soirée, avec les horaires de passage des groupes.

Puis elle à laissé Flow, faire son entrée sur scène.
Je ne connaissais pas du tout cette chanteuse, qui semblait pourtant ne pas en être à ses débuts. Elle était venue accompagnée de deux guitaristes (dont un qui faisait aussi du piano). Elle semblait très accueillante, et avant même de commencer à jouer, elle a déclaré qu'elle aimerait nous voir chanter. Elle s'est donc mise à fredonner les paroles de « une souris verte, qui courait dans l'herbe... », histoire de s'assurer que tout le monde la connaissait bien, et elle nous a laissés terminer. Tout le monde s'est laissé prendre au jeu dès les premières secondes, et nous avons reçu ses plus amples félicitations.
Elle semblait très appréciée par les personnes du public, mais ses morceaux étaient plus portés sur ses textes poignant, que par la musicalité des morceaux. C'est certainement ce qui a fait que je n'ai pas vraiment pris de plaisir à écouter les chansons, car je suis avant tout une passionnée de musique avant d'être une passionnée de poésie, même si je reconnais que c'est très important. Les meilleurs artistes sont ceux qui arrivent à allier les deux. Flow a continué à nous faire voyager dans son univers poétique pendant un petit moment, en abordant différents thèmes récurrents comme l'écologie ... et aussi sa célèbre chanson féministe « alors, je suis une femme pour ceux qui ne l'auraient pas remarqué », a-t-elle balancé, avant d'introduire les « je suis une pouffiasse », petit clin d'½il aux nombreuses tares et clichés féminins de la société actuelle ! Pour la peine, je me suis bien amusée à écouter ce titre !
La fin de son set touchait bientôt à sa fin. Presque 1h, ce qui était beaucoup pour une première partie dans un festival ! C'est après une rapide présentation de ses musiciens, qu'elle nous quittera avec un large sourire aux lèvres. Il faut dire qu'elle avait été chaleureusement remerciée par le public !

La fosse s'était sacrément remplie pendant son passage sur scène. La place Sainte Cécile affichait désormais presque complet, et les petites incrustes des retardataires sur le devant de la scène commençaient déjà à se multiplier. Le genre de choses qui avait le don de me donner les nerfs ! On débute un concert en faisant attention de ne pas trop coller aux gens pour pouvoir respirer et gesticuler tranquillement, et on finit par ne plus pouvoir bouger un bras à cause de ceux qui se sont rajoutés au fur et à mesure de la soirée !!
Il fallait maintenant attendre que Caravan Palace fasse son entrée. Je connaissais le nom de ce groupe, mais n'avais aucune idée de ce qu'ils faisaient musicalement. C'est ça qui est génial dans les festivals ! On a la possibilité de découvrir des groupes qu'on aurait jamais eu l'occasion (ou même l'idée) d'aller voir en temps normal. Il aura tout de même fallu attendre presque une heure pour les voir faire leur apparition. Un problème technique sur la platine a causé pas mal de soucis aux techniciens. Heureusement, nous étions dans une ambiance vacances, et le public n'a pas trop râlé pendant cette attente interminable. Mais autant dire que quand les musiciens ont enfin pris place sur scène, ce fut l'euphorie et le soulagement général !! Je ne m'attendais pas à ce qu'ils soient aussi nombreux : violon, clarinette, guitare, basse, platines ... Avant même qu'ils ne commencent à jouer, j'ai senti que ça allait me plaire. Ca allait être beaucoup plus riche musicalement qu'avec Flow, c'était certain !! J'ai d'ailleurs véritablement pris une claque dès le premier morceau ! J'ai été époustouflée par leur jeu de scène, leur pêche, leur originalité, leurs prouesses techniques (car faire de l'électro-jazz n'est pas donné à tout le monde), leur musicalité ... bref, par leur niveau en général ! Je les ai vraiment trouvés très très impressionnants, et visiblement je n'étais pas la seule à penser ça dans le public. Même ceux qui n'y connaissaient rien à la musique s'en étaient rendu compte !! Après cette véritable leçon musicale, une jeune femme vêtue de noir est venue rejoindre les autres musiciens sur le deuxième morceau. Le violoniste a pris le micro pour la présenter, et pour s'excuser pour le retard. Elle s'appelait Zoé, et visiblement était la chanteuse du groupe. Elle aussi avait la pêche, et mettait le feu, accompagnée des basses sorties tout droit des platines des musiciens. On se serait cru en boite de nuit, mais avec des sonorités jazzy !! Leur jeu de scène était très original, il y avait une grande complicité entre eux, et à certains moments ils nous ont bien fait rire, notamment quand le violoniste se mettait à grommeler des phrases interminables qui ne voulaient rien dire, et qu'il en devenait tout rouge à force de ne plus respirer ! La fosse n'avait pas de mal à être touchée par toute cette pêche, et était très enthousiaste !! Malheureusement leur set n'a vraiment pas duré longtemps. A peine 40 min, certainement pour rattraper le retard dû au problème technique. Tout le monde s'est mis à râler pour réclamer au moins un rappel. Mais la chanteuse nous a fait non de la tête, en disant que ce n'était malheureusement pas possible !!

Heureusement la soirée n'était pas finie pour autant puisque deux autres groupes de qualité allaient ensuite faire leur entrée. La foule s'était faite de plus en plus intense, avec des petits malins qui commençaient sérieusement à m'agacer, en s'incrustant devant les gens de devant et en les empêchant de voir ce qu'il se passait sur scène. Sans citer tous ceux qui fumaient des substances illicites, sans respecter les gens qui se trouvaient collés à eux, malgré eux. Il me tardait vraiment que les Ogres de Barback fassent leur entrée, pour essayer de faire abstraction de tous ces désagréments qui commençaient sérieusement à me taper sur le système. J'ai rapidement pu entrapercevoir une des jumelles, qui avait pris place pendant l'entracte pour régler ses instruments. Il faut savoir que les Ogres de Barback sont quatre musiciens très proches, puisqu'ils sont tous frères et s½urs. C'est ce qu'on appelle une famille unie, qui partage la même passion. Quelque chose que j'admire ! L'ensemble des instruments avaient pu être installés dans le timing réglementaire d'1/2 heure, chose assez inouïe quand on connaît la multitude d'instruments que le groupe utilise. C'est ce qu'on appelle des musiciens extrêmement polyvalents !! Cependant, l'installation du plateau et la mise en scène me semblait beaucoup moins impressionnante que celle que j'avais vue deux ans plus tôt au zénith de Montpellier ! Ca se voyait qu'on se trouvait dans un festival, et que forcément tout allait être réduit ! Le groupe faisait partie des têtes d'affiche de la soirée. Le public n'a donc pas manqué de les ovationner quand ils ont fait leur apparition. Cependant je les ai trouvés plus réservés que d'habitude. Ils nous ont timidement salués en commençant par un morceau peu connu (en tout cas que moi je ne connaissais pas). La foule les a mollement applaudis, mais le titre « Rue de Paname » a fait l'effet d'une pile électrique !! Tout le monde s'est mis à lever les mains au ciel, en chantonnant en c½ur avec eux ces paroles devenues si cultes aujourd'hui ! C'est à ce moment que deux autres personnes se sont incrustés à côté de moi, en rouspétant qu'il n'y avait pas suffisamment d'ambiance dans ce festival. J'ai de suite compris qu'ils allaient vite m'agacer, mais j'ai essayé de faire abstraction de leur présence en écoutant le fameux tour des villes de France, plus connu sous le nom de « 3-0 ». Il s'agit d'un récit amusant sur les clichés des plus grandes villes de France. Autant dire que quand ils sont passés à Toulouse, tout le monde s'est mis crier !! Puis ils ont essayé de faire une impro (un peu foireuse je dois dire) sur la ville d'Albi (pourtant faire des rimes en « i » n'est pas si dur ;), mais ça n'a pas donné grand chose. Puis est arrivé le cultissime titre « salut à toi », que j'ai trouvé très très impressionnant, avec une orchestration qui allait crescendo. J'ai cru que tout allait exploser à la fin tellement ça devenait intense. Ce fut un grand moment du concert !! Malheureusement les 2 personnes à côté de moi ont eu la mauvaise idée d'essayer de lancer un pogo sur le titre suivant. Ils se sont fait allumer par les personnes de devant, et sont finalement partis en rouspétant que les gens étaient franchement rabageois dans ce festival. Malgré le fait qu'ils n'étaient plus là, je commençais à avoir du mal à supporter la fumée, les gens collés à moi, et surtout mes terribles maux de dos et aux jambes, à force de rester debout sans pouvoir bouger un bras. J'ai essayé le plus possible de me concentrer exclusivement sur ce que nous chantaient les ogres de barback, et notamment leurs traditionnels discours politiques sur les associations de sans-papiers et les récents cas qu'il y avait eu à Albi. Mais j'ai finalement fini par quitter la fosse pour rejoindre les gradins .... qui étaient bien entendu archi pleins (les gens s'étaient même assis dans les escaliers, ce qui était normalement formellement interdit !!). J'ai donc décidé d'aller faire un tour à l'extérieur, où se trouvaient les chapiteaux, histoire de me dégourdir les jambes et de boire un coup. Je pensais être de retour pour voir la fin du concert, mais j'ai été très surprise de voir qu'à peine 10 minutes après que je sois partie, les ogres de barback avaient déjà fini leur set. Ils auront joué à peine une heure, ce qui est vraiment très court pour un groupe de cette ancienneté. Il est vrai que je les ai trouvés moins en forme que les concerts précédents. L'ambiance festival ne doit pas les emballer, ni leur public d'ailleurs !

J'avais maintenant 1/2 heure devant moi, avant de retourner dans la fosse pour voir Tryo.
J'en ai profité pour m'asseoir sur les escaliers de la cathédrale Ste Cécile, pour me reposer les jambes en attendant que le groupe fasse son entrée. Il était très attendu par la majorité des personnes présentes. Moi je ne connaissais que les chansons connues, je n'avais jamais pris la peine d'écouter un de leurs albums. Je trouvais ce qu'ils faisaient sympa, mais pas de là à écouter un album en entier. Pourtant Tryo est un groupe qui a largement fait ses preuves en sillonnant la France depuis plus de 10 ans, en combattant des causes les plus respectables telles que le développement durable. D'ailleurs leurs tournées sont systématiquement placées sous le signe de l'écologie avec utilisation de moyens économiques, incitation au co-voiturage, transports en commun etc... J'étais contente qu'ils fassent partie de la programmation du festival, car c'était un groupe que je ne serais jamais allée voir dans une salle de concert en temps normal.
Je n'ai pas tardé à regagner la fosse, en préférant rester dans le fond pour ne pas avoir à subir tous les désagréments de devant. Des personnes de l'immeuble à côté avaient brandi une banderole où il y avait d'écrit « Tryo quand c'est gratuit c'est mieux ! », histoire de nous narguer. Tout le monde s'est mis à gueuler et à les huer. Et oui, les habitants de la place Sainte Cécile avaient certes les désagréments du bruit, mais ils avaient au moins l'avantage de pouvoir assister à tous les concerts gratuitement ! Les gens commençaient à s'impatienter dans le public, en attendant l'arrivée de leur groupe fétiche. Aussi, leur apparition sur scène a créé un vrai mouvement d'hystérie. Pour le coup j'étais contente de ne pas être sur le devant, bien que le fait de se trouver à 30 mètres de la scène ne soit pas terrible pour apprécier pleinement l'ambiance d'un concert. Heureusement qu'il y avait quand même les écrans géants pour nous transmettre certaines images en gros plan. Les membres du groupe étaient plus que les quatre habituels qu'on voit sur les pochettes d'album : Manu, Christophe Mali, Daniel Bravo et Guizmo. Ils avaient notamment ramené un percussionniste venu tout droit du Chili, ainsi que d'autres musiciens. Ils ont commencé fort avec un discours sur le G8, avant d'introduire un tube issu de leur premier album qui s'appelle « Main Verte ». Christophe a déclaré qu'à l'époque, dès qu'ils en jouaient les premières notes, tout le monde levait les bras au ciel, et qu'il espérait que ce soir ce serait pareil. Les 3/4 du public ont exécuté, sauf moi qui ne connaissais pas ce morceau (à l'époque où ils l'ont créé, je n'étais encore qu'une adolescente qui écoutait les spice girls ;). J'ai beaucoup apprécié la générosité du groupe, qui était très proche de son public. Ils savaient mettre l'ambiance, et rallier la foule à leurs causes. Et puis ils n'ont pas manqué de faire des éloges sur notre ville rose, ce qui a également contribué a gagner la sympathie du public ! Les autres titres connus tels que « ce que l'on sème », « toi et moi » ou encore « El duche de leche », issus de leur dernier album ont également reçu un très bel accueil. Malheureusement mon terrible mal aux jambes continuait à s'amplifier, et je savais que je n'allais pas pouvoir tenir jusqu'à la fin du concert. Je suis quand même restée le temps qu'ils jouent « joscelyne » et qu'ils nous fassent la mise en scène du type bourré, qui se réveille le lendemain matin avec un invité dont il n'a pas souvenir. A mourir de rire !! Mais au bout de 3/4 d'h de set, j'ai fini par déclarer forfait car je n'étais plus en état de pouvoir apprécier leur concert. En tout cas je ne regrette d'être restée les voir après les ogres de barback. J'ai beaucoup aimé leur jeu de scène, ainsi que leurs chansons. Peut-être que je finirai un jour par acheter un de leurs albums !!
En tout cas il fallait maintenant que je me dépêche de rentrer chez moi, si je voulais être en forme pour les deux autres soirées qui allaient venir !! Ce festival débutait sur les chapeaux de roue. La place Sainte Cécile aura rarement vu autant de monde ! Avec cette programmation 2009, la 13e édition était partie pour devenir un vrai millésime !
[ Adicionar um comentário ] [ Nenhum comentário ]

# Enviado em Domingo 09 Agosto 2009 09:38

Laurent Montagne + Chozparei – 9 Mai 2009 - Place du marché aux fleurs à Montpellier

Laurent Montagne + Chozparei – 9 Mai 2009 - Place du marché aux fleurs à Montpellier
Qui dit mois de Mai, dit jours qui rallongent, qui dit jours qui rallongent, dit températures qui se radoucissent, et qui dit températures qui se radoucissent ... dit personnes qui flânent volontiers dans les rues !! Bref l'arrivée du printemps à permis à l'agglo de Montpellier d'avoir la bonne idée d'instaurer depuis le début du mois de Mai le concept des apéros concerts, permettant à des artistes peu connus (ou presque) de jouer le samedi en début de soirée sur les grandes places du centre ville de Montpellier. C'était bien évidemment gratuit, et ce, jusqu'à la fin du mois de Juin. Après le gros « trou » de l'agenda de mes concerts depuis le début de l'année (juste « les hurlements d'léo » en janvier et « Debout sur le zinc » en février), j'ai donc décidé qu'il fallait que je me ressaisisse avec l'arrivée des manifestations estivales, d'autant plus que Laurent Montagne et Chozpareiétaient programmés pour ce premier apéro-concert de la saison !!
Pour ceux qui ont l'habitude de me lire, vous devez forcément connaître Laurent Montagne, que j'ai eu l'occasion de voir jouer ... 9 FOIS depuis le début de sa carrière solo (donc 9 articles consacrés à son sujet sur les pages de mon blog) !!! Il s'agit de l'ex-chanteur des acrobates, qui aujourd'hui sillonne la France seul avec sa guitare et son micro depuis presque 3 ans. C'est ainsi qu'il a démarré, avec ses fameux albums à 5 chansons, qu'il sortait en autoproduction à l'occasion du changement .... des saisons !! Ainsi dans sa discographie vous trouverez « le printemps », « l'été », « l'automne », et « l'hiver » sortis en 2006, et début 2007. Puis à partir du mois de juin, son album « mes pas », regroupant la plupart de ses chansons, sortira au niveau national chez la plupart des disquaires. Laurent Montagne est certes un chanteur/poète, mais également un très très bon conteur qui arrive à embarquer son public dans son univers musical en un simple claquement de doigts. Ses concerts mêlent chanson, musique, humour et convivialité.
Cela faisait presque un an que je ne l'avais pas vu, et pourtant je n'avais rien oublié de son jeu de scène. Il a commencé avec une chanson ne figurant sur aucun de ses albums, et qui parle des « non dits » (rien à voir avec Olivia Ruiz et Christian Olivier !), pour enchainer sur le très classique « après l'orage » qui tombait bien puisque nous venions de le rater de justesse. Les températures étaient sacrément basses pour un mois de mai ! J'ai pu remarquer qu'un nouveau type d'instrument venait de faire son apparition : la guitare électrique !! D'habitude, il n'utilisait que des guitares folk ou classique. Je me suis même demandée s'il s'était mis au punk, mais non, les titres étaient joués en son clair, de la même manière que lors de ses précédents concerts. Laurent avait toujours ses mythiques petits objets servant à trafiquer sa voix, qu'il n'a pas manqué d'utiliser sur « tout ça pour plaire », en partant dans un délire final en faisant artificiellement monter sa voix dans les aigus (enfin j'espère que c'était artificiel !!) et en faisant des petits sons étranges qu'un être humain serait incapable de faire sans la technologie. Le public était assez nombreux, mais c'était dommage que la place soit située à l'écart de l'allée piétonne centrale. Il fallait que les gens viennent exprès pour voir ce qu'il se passait. Heureusement il y avait les fidèles habitués des concerts de Laurent, qui s'étaient déplacés en grand nombre, et qui essayaient de mettre de l'ambiance. Dans les chansons qui ont suivi, il y a eu « le poids des concessions », et aussi un nouveau titre qui a été introduit par un long discours. Il a d'abords commencé par réclamer une chaise pour s'asseoir, puis a commencé l'histoire, en disant que cette chanson était inspirée d'une histoire d'amour qui avait mail tourné entre deux personnes qu'il connaissait. Il avait essayé de jouer le rôle de médiateur, et la fin de l'histoire lui avait inspiré le titre du morceau qu'il allait maintenant nous interpréter. « Vous voulez savoir comment elle s'appelle la chanson ? – ok y'a 11 personnes qui écoutent, et 15 qui veulent savoir ... ». Il était vrai que le public était assez glacial, et pas franchement déchainé. Mais Laurent ne s'est pas découragé et a fini par dire « la chanson s'appelle .... « tout va bien » ... ils ne sont plus ensemble !! ». Petite blague entre parenthèse pour créer la surprise et l'étonnement ;) Car allait ensuite suivre le très classique « mes pas », nom qui a d'ailleurs été donné à son nouvel album. En général, à ce moment du concert, tout le monde se tait pour écouter les belles paroles de la chanson. Puis est ensuite venu le morceau le plus délirant de son répertoire : « ping-pong », un savoureux mélange de samples et de bidouillage de voix. Car Laurent s'amuse à enregistrer le bruit de la balle de ping-pong avec sa bouche, ainsi que des petits bruitages d'accompagnement. A la base, ce titre a d'ailleurs été crée sans aucun instrument, avec simplement la voix. Généralement c'est le moment culminant du concert, ou la plupart des gens restent captivés par ce qu'il fait. Mais le public avait l'air vraiment timide ce soir là, même le morceau « quasi-indestructible » n'aura pas ameuté les foules. Généralement, les spectateurs sont invités à chanter en c½ur une partie du refrain « je suis devenu. ... quasi-indestructible », mais personne n'a vraiment osé pousser la chansonnette. Laurent n'a d'ailleurs pas insisté. Il nous a simplement salué pour annoncer la fin du concert, et surtout la date de son prochain concert pour fêter la sortie de son album, au mois de juin. Certains de ses amis ont commencé à s'agiter pour encourager les foules à le rappeler pour une dernière chanson. Quelques uns ont joué le jeu, et nous sommes mis à crier « une autre ! une autre ! ». Avec un petit sourire en coin, Laurent est revenu sur scène avec sa guitare électrique pour nous jouer un morceau de son ancien groupe « les acrobates », qui s'appelait « schizophrène ». Ce titre figurait sur l'album « bicéphale », un de mes préférés. Il a d'ailleurs remercié « sa famille » de l'avoir rappelé sur scène !! Puis il nous a quitté pour de bon, et en a profité pour vendre en exclusivité les tous premiers exemplaires de « Mes pas », avant sa sortie officielle au mois de Juin. Pendant le début de l'entracte, une personne de l'agglo est venue m'accoster pour me poser quelques questions sur ce que je pensais des « apéros concerts », puis m'a demandé s'il pouvait me filmer en interview. Première fois que j'étais confrontée à ce genre de situation, et ça m'a fait très bizarre !!! Heureusement, la diffusion n'était prévue que sur le site Internet de l'agglo, je ne risquais donc pas d'être beaucoup regardée ! Quelques minutes plus tard, l'accordéoniste du groupe Chozparei, qui n'allait pas tarder à faire son entrée sur scène, nous a annoncé qu'un des anciens membres du groupe allait faire une petite apparition pendant l'entracte, pour nous jouer quelques unes de ses chansons. La personne en question est donc montée seule avec sa guitare, pour nous chanter quelques titres en anglais. J'aimais bien le style folk minimaliste, et il avait une plutôt belle voix. Puis, quelques instants plus tard, il laissa la place aux membres de Chozparei qui s'étaient préparés à faire leur entrée sur scène. Il s'agissait d'un vrai orchestre de chanson française, avec violon, accordéon, flute traversière, contrebasse etc ... Ils étaient nombreux sur scène et plutôt sympathiques. Le public semblait moins glacial que quelques minutes auparavant. Il est vrai que la batterie change tout !!! Les gens ont davantage envie de bouger et de danser ! Leurs chansons racontaient des petites histoires et étaient plutôt agréables à écouter, et les membres du groupes essayaient le plus possible d'attirer l'attention des personnes qui étaient de passage. Je serais bien restée plus longtemps, mais le froid se faisait de plus en plus intense. Plutôt anormal pour un mois de Mai ! Je suis donc partie quelques instants avant la fin, laissant ces sympathiques musiciens chauffer les dernières personnes qui étaient restées (ça ne suffisait pas pour moi lol).

Il s'agissait donc du premier apéro-concert de la saison, et je vous invite à visiter le site Internet de l'agglo de Montpellier, pour ceux qui souhaiteraient connaître le programme.

Je vous invite également à aller sur les sites Internet respectifs de Chozparei et Laurent Montagne, qui sera en concert à Montpellier à l'antirouille le 2 juin.

www.myspace.com/laurentmontagne
www.myspace.com/chozparei


[ Adicionar um comentário ] [ Nenhum comentário ]

# Enviado em Domingo 24 Maio 2009 13:20

Syd Matters – 11 octobre 2008 – Secret Place à St Jean de Védas (Hérault)

Syd Matters – 11 octobre 2008 – Secret Place à St Jean de Védas (Hérault)
Syd Matters, alias Jonathan Morali (de son vrai nom), est un jeune auteur, compositeur, interprète, âgé d'à peine 28 ans, mais ayant déjà 3 albums à son actif. Révélé en 2002 par le concours CQFD des Inrockuptibles, il continue aujourd'hui à parcourir un beau chemin avec ses amis musiciens, lui valant les louanges de nombreux magazines musicaux. Il possède pratiquement tous les ingrédients d'un chanteur hors-pair : un grain de voix envoutant, de jolies mélodies, et une orchestration sublissime.
Je l'ai découvert complètement par hasard il y a maintenant un an jour pour jour. J'étais allée à un concert de Babet à Montpellier, et j'ai ensuite appris qu'elle ne jouerait pas seule, que Syd Matters entrerait sur scène juste après. Et dire que je n'avais pas l'intention de rester !! C'est une ancienne camarade de classe que j'avais croisée par hasard qui m'a conseillée de rester écouter. Quelle grosse surprise !! Je n'en suis toujours pas revenue de mes oreilles ! J'ai depuis acheté leur dernier album « Gost days », et j'ai été enchantée d'apprendre qu'ils allaient repasser cet automne à Montpellier.
Le concert avait lieu dans les locaux de la TAF (Tout à Fond), une association qui a pour but de promouvoir le rock indépendant, même si Syd Matters n'est pas très rock, il faut le reconnaître. Il s'agit plutôt de musique pop/folk. Mais qu'importent les styles, de l'instant que la qualité est là. C'était la première fois que je me rendais dans cette salle. J'ai été très étonnée de voir qu'il s'agissait d'un tout petit local, et qu'il n'y avait pas de scène ... juste une estrade ! Ce chanteur avait quand même acquis une certaine notoriété depuis ces dernières années, et le faire jouer dans ce genre d'endroit me paraissait un peu bizarre. Les organisateurs nous avaient mis un reportage de « The Clash » sur grand écran, pour nous faire patienter le temps que le groupe pour la première partie fasse son entrée.
Je les ai rapidement entraperçus à travers la porte d'entrée. Ils étaient en train de se serrer dans les bras, pour se donner le courage et l'énergie nécessaire pour affronter le public. Je suis déjà passée par là, je sais ce que ça fait !
Puis ils ont fini par faire un pas dans la salle, et nous nous sommes tous mis à crier pour les saluer. Ils nous ont lancé un regard timide et ont pris place sur la scène. Ils s'appelaient « Kami » et venaient de Marseille. Je n'avais jamais entendu parler d'eux : ça allait être une grande découverte. Il n'y avait pas encore beaucoup de personnes dans la salle, mais les premières notes de musique ont fait rapprocher un paquet de gens. Ca sonnait de manière très mélodieuse. Normal pour une première partie de Syd Matters. Il y avait deux guitaristes, un bassiste et un batteur. Sans compter qu'ils avaient amené un xylophone avec eux !! Un de mes instruments préférés avec le violon. Ca faisait vraiment joli sur les morceaux. Ils avaient l'air très impressionnés de jouer devant nous, et n'osaient pas trop parler, mis à part pour annoncer le nom des morceaux qui allaient suivre. En tout cas le public avait l'air aussi enchanté que moi, et applaudissait chaleureusement à la fin de chaque chanson. Les titres avaient l'air assez variés, tantôt calmes et mélancoliques, tantôt rock et énergétiques. C'était vraiment un réel plaisir de les écouter. Un des musiciens nous également fait une démonstration de jeu de guitare avec archet !! Et oui, cela devient de plus en plus à la mode de prendre un archet de violon et de s'en servir sur une guitare pour faire sonner les notes. L'avantage c'est qu'on a plus de chances de jouer juste !! Puis le chanteur à tenu à nous présenter ses musiciens, notamment Simon, le batteur, qui visiblement les avait rejoints il y a quelques jours, et avait travaillé dur pour pouvoir assurer la prestation de ce soir. D'autres chansons ont ensuite suivi, toutes aussi sympas les unes que les autres. Puis le dernier titre a été annoncé. Mais auparavant, Kami a souhaité remercier Syd Matters, et nous faire un petit cadeau, et pas des moindres ! En effet, leur album de 5 titres était en distribution gratuite à la sortie du concert !! Rien que ça !! J'ai d'ailleurs pu constater que tout le monde s'était rué dessus dès qu'ils ont eu terminé. Moi la première !! Je n'ai pas manqué de l'écouter le lendemain du concert, et il est plutôt bien ! La petite salle s'était sacrément remplie pendant l'entracte. Normal, Syd Matters était très apprécié des amateurs pop/folk. Le problème c'était que la salle n'avait pas été aménagée pour recevoir autant de monde, et comme il n'y avait pas de scène, les personnes de devant nous empêchaient de voir. Ca allait devenir très problématique si les gens continuaient d'affluer. Et ce fut le cas ! L'équipe de Syd Matters a traversé la foule pour prendre place sur cette petite estrade. Inutile d'insister sur le magnifique accueil qu'ils ont reçu : tout le monde s'est mis à hurler pendant presque 5 minutes. Jonathan nous a lancé un joli sourire timide et nous a vivement remerciés. C'est à ce moment que j'ai pu mesurer l'ampleur des mauvaises conditions du concert : la seule chose que j'arrivais à voir était ses cheveux frisés. Le reste était masqué par les têtes des gens qui essayaient tant bien que mal de se hisser pour voir quelque chose. Je vous dis pas le mal de dos et le tortis-colis que je me suis pris à essayer de lever le plus haut possible ma tête pour y voir quelque chose. Nous étions également très serrés, et malgré le froid d'octobre, il faisait une chaleur étouffante, limite respirable !!
Bref, malgré la qualité indéniable de l'artiste, je savais d'ores et déjà que ce concert allait être très pénible. Les lumières étaient quasi inexistantes, les musiciens avaient opté pour l'intimité. Ils ont commencé avec 3 titres du dernier album en date « ghost days » : « everything else » (un de mes préférés), « I was asleep » et « I'll Jackson ». Les effets de ch½urs apportaient une énorme sensibilité aux morceaux. C'était vraiment très joli et je n'ai vraiment pas été déçue par le rendu sonore et émotionnel du concert. Le problème était que tous mes sens n'étaient pas en éveil, vu qu'il me manquait la vue !! Un peu dommage, ça revenait à écouter un CD live chez soi ... Sans compter que nous étions tellement serrés que nous ne pouvions même pas bouger et danser. Je crois que ce qui m'a le plus frustré, c'était d'entendre plein de jolis petits sons étranges, et de ne pas pouvoir voir comment ils faisaient. A un moment, les cheveux de Jonathan ont disparu de ma vue, et j'ai pu constater que la voix du chanteur avait changé. Je me suis alors hissée, le plus possible sur la pointe des pieds, pour essayer de voir ce qu'il se passait, et j'ai ainsi pu constater que c'était son guitariste qui s'était collé au chant. J'aimais quand même moins son grain de voix. Heureusement ça n'a pas duré, et notre chanteur habituel a repris du service pour nous régaler pendant une heure supplémentaire, avec d'autres titres du dernier album, mais également quelques uns des précédents que je ne connaissais pas. Je crois que si on pouvait attribuer des palmes aux musiciens (comme à Cannes ;), ce serait la palme de la mélodie ! J'avais rarement entendu une musique aussi agréable et apaisante !
Le moment du rappel est rapidement arrivé, et j'en étais presque soulagée à cause de mon dos. Inutile de dire que les musiciens ont été rappelés à leur juste valeur, avec des hurlements de protestation pour implorer leur retour. Ils ont ainsi traversé une deuxième fois la foule pour revenir sur l'estrade. Ils avaient l'air très émus par notre accueil. Jonathan avait une humilité assez impressionnante pour son talent !! Ils nous ont ainsi joué quelques titres supplémentaires, avant de terminer sur un final assez époustouflant, limite rock !! Les lumières se sont mises à vaciller, et ils se sont lancés dans des interminables solos instrumentaux ! Ils terminaient vraiment sur des chapeaux de roue !! Nous les avons une dernière fois vivement acclamés, et ils nous ont quittés tout sourire, en espérant qu'on se revoie prochainement.
Je me suis empressée de quitter la salle, tellement j'avais les muscles en compote. Marcher me ferait le plus grand bien. Je n'ai pu m'empêcher d'enfouir ma déception et ma ranc½ur. Assister à un concert dans ces conditions était vraiment pitoyable, surtout pour un artiste de cette qualité. Ce qui était sûr, c'est que je ne remettrais plus les pieds dans cette salle de concert quand il y aura des grosses têtes d'affiche. A quoi bon payer 15¤ quand on ne peut rien y voir ?

# Enviado em Domingo 02 Novembro 2008 06:17

Summer Rock Festival – 13 septembre 2008 – Cap Découverte près d'Albi (Tarn)

Summer Rock Festival – 13 septembre 2008 – Cap Découverte près d’Albi (Tarn)
« Il pleut, il pleut, bergère » ou « j'ai froid, je pleure de la neige », auraient pu être les deux hymnes de cette nouvelle édition du winter (heu pardon), summer rock festival !
Par un souci d'efficacité, les organisateurs avaient décidé de déplacer ce traditionnel rassemblement du mois de juin, au mois de septembre. Mais ce petit changement avait certainement dû contrarier la météo, qui avait décidé de faire des siennes : des températures anormalement froides pour la saison (l'été de l'oublions pas), avec un thermomètre ne dépassant pas les 10°C à minuit, et des averses à répétitions histoire de pimenter un peu la soirée.
Dommage, quand on pense à quel point le cadre de ce festival est idyllique.
Cap Découverte a vu le jour à Carmaux (ville natale de Jean Jaurès), au milieu des années 80. A cette époque, les mines de charbon locales devaient affronter la crise économique et les menaces de fermeture. Afin d'empêcher que des milliers de mineurs ne se retrouvent à la rue, Laurent Fabius avait décidé de changer radicalement les méthodes de travail en proposant un concept soit disant beaucoup plus efficace : ne plus construire de tunnels sous terre, mais utiliser des bulldozers en creusant un énorme trou jusqu'à ce qu'on arrive au niveau du charbon (une mine à ciel ouvert en quelque sorte). Mais ce projet fut un véritable fiasco, sachant que la mine a fermé à la fin des années 80, sans que les ouvriers n'arrivent même à trouver ne serait-ce qu'une poussière de charbon. Un véritable gouffre financier !! (Je fais mon historienne, mais j'ai revisité le musée de la mine cet été, et je n'ai pas perdu une minute du discours du guide !!).
Pendant plusieurs années ce site a complètement été laissé à l'abandon, jusqu'à ce que Paul Quilès, ancien député du Tarn au début des années 2000, décide de transformer cet énorme « trou », en base de loisirs pour les sportifs (aménagement d'un lac, piscine, ski sur herbe, descente en luge, acrobranches etc ...). Mais cet endroit semblait être maudit. Ce projet fut un véritable gouffre financier, les visiteurs n'ont pas été pas au RDV, et une fois de plus Cap Découverte semble être au bord de la faillite.
Heureusement, le seul événement permettant d'y faire venir des gens est sans hésitation le traditionnel summer rock festival. Une véritable réussite qui attire chaque année plus de 20 000 visiteurs.
Jusqu'à présent, il avait l'habitude de se dérouler sur deux jours. Cette année, les organisateurs ont préféré le faire sur un seul jour et d'étendre les concerts dans l'après midi. Toujours deux scènes, mais placées différemment car pour des raisons purement météorologique, la scène Ramones a été transférée à l'intérieur de la maison de la musique.
Le premier groupe à se produire était Jo Corbeau ADN à 14h (concert gratuit au bord du lac, ça aurait pu être bien si on avait pu se baigner en même temps), puis ont suivi : Les Jocks, Stuck in the sound, The puppetmastaz, The whip, The lords of altamont, Phoebe Killdeer, Beat assailant, Elisa do brasil (pour la scène Ramones), et The dodoz, Coming soon, The do, Tiken jah fakoly, Asian dub foundation, Roots manuva et Etienne de crecy (pour la scène Joe Strummer). Bref 16 groupes à savourer de 14h à 5h du matin, et pour seulement 20¤ (pour ma part en tout cas car j'ai bénéficié de la réduction des 400 premières places achetées).
Avec cet achat, nous avions également la possibilité d'accéder gratuitement à toutes les activités sportives de Cap Découverte, pendant la journée. Mais le temps n'était pas au beau fixe, j'ai donc fait l'impasse.

Je suis arrivée sur le site aux alentours de 17h30. Les flics étaient traditionnellement là pour le contrôle d'alcoolémie et de drogue. Pour l'alcool c'était encore tôt, mais la drogue ..... c'était le moment idéal pour fouiller les voitures. Je me suis donc faîte arrêtée au niveau du dernier rond-point, avant d'entamer la côte menant aux sommets de Cap Découverte. Le flic m'a demandé si j'allais au festival, et a contrôlé mon identité. Rien de méchant. De toute façon avec ma tête de gentille, et ma voiture clean, ils n'insistent jamais beaucoup. Par contre, j'ai pu constater que des hipis venus avec des camions se faisaient fouiller dans tous les sens.
J'ai ainsi pu arriver rapidement sur le site du festival. Il y avait déjà pas mal de monde, et j'ai pu constater une petite nouveauté : plus de bracelet « pass » pour circuler librement sur l'ensemble du site. Ils avaient mis des barrières au niveau des deux scènes, et nous n'avions plus la possibilité de nous balader. Toute sortie était définitive. C'était un peu dommage, car le cadre était magnifique. Le village (marché de boutiques) avait sacrément été réduit : seuls 5 ou 6 vendeurs pour se partager l'allée menant aux deux scènes. Il était évident que l'aménagement du festival avait perdu de son charme.
Lorsque je suis arrivée au niveau de la maison de la musique, les jocks (jeune groupe Albigeois), venaient de terminer de jouer et les Dodoz avaient ainsi pris place sur la grande scène Joe Strummer. Ils étaient très jeunes, peut-être même encore lycéens, et venaient tout droit de Toulouse. Ils opéraient dans le style récurrent du summer depuis deux ans : rock brut qui envoie au niveau du son. Pas vraiment ma tasse de thé, quand on sait à quel point je suis attachée aux douces mélodies !! Ils avaient l'air très impressionnés de jouer devant nous, même s'il n'y avait pas encore beaucoup de monde. Le guitariste de droite était très sympa et nous envoyait souvent des petits coucous. Mais malheureusement le premier problème technique de la soirée les a coupés dans leur élan. Il y a eu un énorme bruit, et le son est parti !! A ce moment, ils se sont demandés comment ils allaient pouvoir meubler, le temps que les ingénieurs du son interviennent. Le batteur a commencé à nous jouer une petite rythmique, et les autres musiciens ont également pris des baguettes pour taper dessus. Ils étaient tous les cinq regroupés autour de la batterie, et faisaient style de continuer le show. Puis quelques minutes plus tard, le son est revenu et ils ont pu récupérer leurs instruments. A partir de là, ils n'ont cessé de s'excuser pour ce petit incident, et nous ont vivement remerciés pour notre patience. Ils ont dédicacé la chanson suivante au groupe Parisien « Stuck in the sound », avec qui ils avaient l'air très potes, et nous ont vivement conseillé d'aller les voir jouer sur l'autre scène. C'était d'ailleurs prévu dans mon programme. J'ai donc attendu cinq minutes de plus, puis suis partie au moment où ils ont annoncé le titre « boyfriend in oxford », histoire de ne pas louper l'entrée de Stuck in the sound, à l'intérieur de la salle Ramones. J'ai d'ailleurs un peu peiné à trouver par où on devait entrer.
Quand je suis arrivée, le groupe était encore en train de faire les balances. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils ne s'y prenaient pas à l'avance. J'avais une petite appréhension par rapport au style très énergique du groupe, mais la vue de la guitare acoustique du chanteur m'a rassurée. Peut-être que ça n'allait pas être si rock et brut que ça, d'autant plus que le titre qu'ils étaient en train de jouer était plutôt calme. J'ai pu m'approcher jusqu'à la rambarde pour les regarder patiemment, jusqu'à ce que le chanteur annonce que tout était ok et qu'ils pouvaient aller se préparer en loge. Une personne à côté de moi a essayé de faire de l'humour, en les interpelant pour dire « that's the only song ?? », et le chanteur a ricané en faisant « yeaaaaah ». Nous avons attendu 10 petites minutes, le temps que The Dodoz termine son set, avant de revoir nos quatre musiciens refaire leur apparition. Je les connaissais de nom, mais n'avais jamais réellement été attirée par leur style. C'était le moment idéal pour me faire une réelle opinion sur eux.
Les premières notes ont sonné comme une détonation que je me suis prise en pleine face ! Il n'y avait pas à dire, c'était du son brut qu'ils envoyaient ! Je me suis même reculée dans la fosse pour pouvoir mieux entendre les instruments et ne pas devenir sourde ! J'ai été un horrifiée de voir que le chanteur jouait de la guitare acoustique en son saturé !! Ca sonnait moche ! Mais mis à part ça, ils étaient très sympathiques. Ils nous invitaient souvent à taper dans les mains pendant les introductions des chansons, et étaient très communicatifs. Le chanteur était très mignon avec sa capuche, je la lui aurais bien piquée pour assister aux autres concerts dehors ! Puis ils ont joué un morceau que je trouvais pas mal, mais qui ressemblait fortement à « song2 » de Blur, et je n'aimais pas la manière qu'avait le chanteur de monter dans les aigus. C'était un style comme les autres, mais ça faisait bizarre. Heureusement le morceau suivant a commencé de manière plus calme, mais ce n'était qu'une illusion car les guitares n'ont pas tardé à s'enflammer.
Puis le batteur a pris la parole pour nous dire qu'il était venu le moment de nous dire des choses dont on avait rien à foutre (mais faut pas dire ça !! on s'intéresse à tout !!) : apparemment le groupe ne se trouvait pas du tout en tournée, et ça faisait presque quatre mois qu'ils n'avaient pas joué sur scène (d'où le stress !^). En réalité, ils étaient en train de préparer un nouvel album qui allait sortir au mois de janvier, et ils avaient décidé de nous en jouer un extrait ! J'ai été agréablement surprise, car le style était beaucoup plus mélodieux. Je l'ai préférée aux titres des albums précédents. Mais visiblement, ça leur avait foutu les pétoches de nous la jouer, car à la fin le chanteur a poussé un soupir de soulagement en disant « ok donc ça c'est fait ouf ». Puis a suivi le seul titre que je connaissais d'eux qui s'appelait « toyboy », toujours très brut, où ils se sont tous figés en plein milieu du morceau (ça doit être à la mode en ce moment, car Sinsemilia avait fait pareil un mois avant), et le chanteur s'est mis à nous improviser une chorégraphie, certainement en rapport avec ce qu'il nous chantait (enfin je l'espère !), mais comme c'était de l'anglais je ne faisais pas trop attention aux paroles.
Enfin, pour terminer ils nous ont joué un autre morceau du prochain album, en remerciant à leur tour les Dodoz, et en nous invitant à faire un tour sur l'ensemble du site pour assister aux autres concerts.
Il était maintenant l'heure d'aller rejoindre les Coming soon sur l'autre scène. Je ne les connaissais pas du tout, je n'avais jamais entendu leur nom auparavant. J'espérais simplement que ça serait un peu plus mélodieux !! Au loin, je pouvais entendre un instrument qui m'a fait pousser un soupir de soulagement : le xylophone !!! Enfin un peu de douceur !! Je me suis empressée d'atteindre la grande scène. Il n'y avait pas beaucoup de monde et l'ambiance était plutôt familiale. Je n'ai pas eu de mal à me faufiler dans les rangs de devant. Comme les Dodoz, les musiciens étaient très très jeunes, surtout le batteur qui ne devait pas avoir plus de 15 ans. Ils étaient également nombreux : 7 personnes à se partager la scène. J'ai apprécié les sonorités country qui se dégageaient de leurs morceaux, même si je n'étais pas méga fan de leur musique. Mais au moins c'était calme, et il y avait de la clarinette et de la flûte !!
La petite particularité de ce groupe était qu'il n'y avait pas de chanteur attitré : tous les musiciens s'y collaient, même le batteur qui pour la peine avait laissé le guitariste faire la rythmique à sa place. Au milieu de tout cela, il y avait un type maquillé qui faisait un peu figuration vu qu'il ne jouait d'aucun instrument et qu'il n'a chanté que sur quelques titres. Il était un peu bizarre, avec l'air shooté et la cigarette à la main. Il me faisait un peu penser à Brian Molko !!
Toutes ces petites chansons étaient sympathiques, mais le groupe suivant allait bientôt faire son entrée sur l'autre scène. J'ai récupéré un programme pour voir de qui il s'agissait, et il s'avérait que ce groupe s'appelait The Puppetmastaz. Sur le coup ce nom ne m'a rien évoqué, et l'appellation « hip/hop » m'a vite refroidie. Je me suis alors dit que j'allais en profiter pour manger tranquillement au village, mais en re-feuilletant le dépliant j'ai pu lire « on ne présente plus ces célèbres marionnettes Allemandes ». Et là je me suis souvenue que j'avais aperçu ce groupe lors d'un festival que j'avais vu à la télé, et qu'ils avaient littéralement cassé la baraque ! Leur concept original m'avait frappé, et je me suis dit que ce serait une super occasion de les voir en vrai !!
Je me suis alors précitée vers la maison de la musique, en espérant de pas avoir trop raté de leur spectacle. Un vigile était là pour filtrer les gens à l'entrée. Je me suis demandée pourquoi il empêchait certaines personnes de pénétrer dans la salle, et j'ai alors décidé de passer par le balcon. Il y avait également un vigile, qui comptait les gens qui montaient. Je me suis demandée ce qui se passait, car pour Stuck in the sound ils n'avaient pas fait autant de manières. Mais je n'ai pas tardé à comprendre. La salle était littéralement bondée, il n'y avait plus de place. Les gens étaient serrés comme des sardines, même sur le balcon !! Apparemment ils étaient sacrément célèbres dans le milieu du hip/hop. Mais pourquoi les organisateurs avaient-ils décidé de les faire jouer dans la petite salle, qui ne contenait pas plus de 1000 places ? C'était un peu injuste pour tous ceux qui avaient payé, et qui ne pouvaient pas assister au concert ! Le fait d'être montée sur le balcon m'a permis d'apercevoir quelque chose que tout à fait intéressant et exclusif : alors que la plupart des spectateurs ne voyaient que des marionnettes s'agiter, je pouvais voir ce qui se passait derrière la bâche. Le visage des musiciens, mais également la manière dont ils faisaient vivre leurs petits personnages et géraient les platines. Mais ça gâchait quand même un peu la magie du spectacle, car du coup je ne me concentrais plus uniquement sur les marionnettes. Le style hip/hop n'a jamais été ma tasse de thé, mais l'originalité de leur show m'a littéralement captivée. Le public était en folie et il y avait une sacrée ambiance !! De plus, ces protagonistes parlaient très bien français (pour des allemands...), et nous racontaient plein de petites histoires entre les morceaux (notamment le fait que qu'il y en avait marre que les marionnettes soient le jouet de l'homme) etc... Bref ça faisait à la fois musique et spectacle vivant ! Il y avait vraiment de la créativité ! Puis c'est avec grand plaisir que tous les musiciens sont sortis de derrière leur bâche, pour nous jouer un titre très rythmé, à visage découvert au bord de la scène. Tout le monde s'est mis à sauter, difficile de rester de marbre face à toute cette énergie. Mais il était bientôt l'heure que je m'en aille, si je voulais avoir le temps de m'acheter à manger et être là pour l'entrée de The Do (un des groupes qui m'intéressait le plus). Je suis donc partie 10 minutes avant la fin. Le public était devenu complètement dingue. Surtout les adolescents. J'ai d'ailleurs assisté à quelque chose qui m'a littéralement choquée. Ils étaient tellement surexcités, qu'il y en a un qui a attrapé son pote pour faire semblant de le faire passer par-dessus la rambarde. Sauf qu'il l'a réellement soulevé, et que la première moitié de son corps penchait complètement dans le vide. Une personne à côté s'est alors empressée de le rattraper. Complètement tarés !! Je me suis dépêchée de quitter la foule, ce qui a permis à certaines personnes qui attendaient dehors d'entrer à ma place. J'ai pu constater qu'ils avaient installé un écran géant devant la salle, pour tous ceux qui n'avaient pas pu y pénétrer. Mais ça ne faisait pas pareil. Et puis regarder un spectacle à l'écran dans le froid et sous la pluie n'était franchement pas l'idéal ...
Le site s'était sacrément rempli par rapport à mon arrivée. Mais les gens avaient l'air encore clean et pas trop bourrés (ou drogués). J'étais encore dans la queue pour m'acheter à manger, quand The Do a fait son entrée sur scène. D'où j'étais je pouvais les voir, mais de très loin. J'ai donc un peu pressé le serveur pour me dépêcher de rejoindre la fosse et me faufiler au 10eme rang. J'étais restée mitigée par rapport à ce groupe. Le titre matraqué en radio « on my shoulder » ne m'avait pas vraiment séduite. Mais je ne connaissais pas assez le groupe pour pouvoir le juger. Et bien il s'est avéré que j'ai beaucoup apprécié leur prestation. Leurs chansons ont pris une autre dimension sur scène, avec beaucoup plus d'énergie, et la voix d'Olivia était d'une beauté remarquable. Elle était vêtue d'une magnifique robe à dentelle et était très sympathique. Le duo s'était transformé en trio pour l'occasion, avec l'ajout d'un batteur. Le répertoire était très électrique, plutôt minimaliste, mais surtout très mélodieux, comparé aux autres groupes qui étaient passés avant eux. Le froid se faisait de plus en plus intense, et Olivia n'a pas manqué de le souligner. Du coup, elle nous a vivement encouragés à bouger pour nous réchauffer un peu. La plupart des gens ont suivi ses conseils, surtout quand est arrivée le fameux tube « on my shoulder ». Il rendait plutôt bien en live. J'ai été surprise d'entendre le violon, alors qu'il n'y en avait pas sur scène, pas même de claviers. Ils avaient certainement dû le préenregistrer. Puis, comme si elle voulait désespérément lutter contre le froid, Olivia s'est mise de plus en plus à gigoter, jusqu'à arriver à une sorte de transe sur les derniers titres. Le concert arrivait malheureusement à sa fin, et des personnes complètement bourrées commençaient à polluer la fosse, et embêter les personnes qui voulaient tranquillement écouter le groupe. Ils gueulaient tellement fort que je n'arrivais plus à entendre ce qu'Olivia essayait de nous dire. J'ai donc profité que nous nous trouvions entre deux averses, pour sortir du hangar et monter sur les collines. Là au moins, personne ne m'embêterait. Malheureusement, j'ai pu constater que le groupe avait déjà dépassé les 3 /4 d'heure de show qui leur avait été attribué. Il me tardait qu'ils terminent car The Whip avait commencé sur l'autre scène, et je ne voulais les rater pour rien au monde. Puis, comme si le groupe avait lu dans mes pensées, le trio s'est avancé sur le devant de la scène pour nous saluer et quitter la scène. J'ai alors retenu mon souffle pour voir s'il y aurait un rappel. Mais visiblement ça n'était pas au programme. Je me suis alors dépêchée de rejoindre la salle Ramones pour applaudir The Whip. J'avais peur que comme pour the Puppetmastaz, la salle soit pleine et qu'on m'empêche d'y entrer. Mais apparemment ce groupe devait être beaucoup moins connu car la fosse n'était remplie que de moitié. Je n'ai pas eu de mal à trouver une place dans les gradins. Ca faisait du bien de s'asseoir un peu, car ça faisait déjà plusieurs heures que j'assistais aux concerts debout. Ce groupe m'était encore inconnu il y a 2 semaines. Mais comme j'avais vu qu'il faisait partie de la programmation, je n'ai pas pu résister à l'envie d'aller écouter quelques titres sur leur myspace. J'ai trouvé leur musique très sympa, avec un mélange de rock et d'électro qui rendait super bien. Les titres qui m'ont le plus marquée ont été « trash » et « blackout ». Il ne manquait plus qu'à voir ce qu'ils donnaient sur scène.
La première chose qui m'a marquée était la pénombre dans laquelle ils jouaient. L'éclairage était très faible, on pouvait à peine distinguer leurs visages. Mais j'ai quand pu repérer qu'ils étaient quatre, et qu'ils envoyaient énormément, sans pour autant être bourrins. J'ai adoré leur style musical, surtout les deux derniers morceaux où le chant était davantage présent. Les personnes dans la salle avaient l'air un peu endormies au début, mais le groupe n'a pas peiné à les conquérir et leur donner une sacrée envie de bouger. C'était de loin le meilleur groupe de la soirée et le moment que j'ai le plus apprécié. Malheureusement j'avais loupé le début de leur prestation, et le concert est passé à une vitesse vertigineuse. Ils nous ont rapidement quittés, laissant les amateurs d'électro sur le carreau. J'avais la flemme de me lever de mon siège, surtout que les organisateurs avaient mis « 15 steps » de Radiohead pour débuter l'entracte. J'ai tout de même sorti mon programme pour voir quel groupe était en train de jouer sur Joe Strummer. Il s'agissait de Tiken Jah Fakoly. Un artiste certainement connu dans le milieu du reggae, car j'avais pu le voir à l'affiche de nombreux festivals cet été, mais je ne le connaissais pas du tout. Je me suis donc motivée pour me lever et aller voir ce qu'il donnait sur l'autre scène. En sortant de la salle, j'ai été accueillie par un torrent d'eau qui s'était subitement mis à tomber du ciel. J'ai donc traversé le petit terrain vague en courant pour me glisser sous le hangar qui abritait le public de la 2eme scène. Malheureusement il n'y avait plus de place, et il a fallu que je m'incruste par les côtés pour pouvoir m'y faufiler. Manque de bol, je me suis retrouvée au milieu d'une fumée de canabis qui m'a donné un sacré mal de tête. Et oui, on était à un concert de reggae, ça allait avec !! J'ai tout de même essayé d'y faire abstraction pour me plonger dans le concert. Je dois avouer que je me suis rarement autant ennuyée ! C'était mou, pas mélodieux, endormant ... Ca m'a rappelé un festival que j'avais vu à Montpellier où il y avait Wiston Mc Anuff. Qu'est-ce que je m'étais faite chier !!!!! Bref, ça ne valait pas la peine de supporter tous les désagréments qu'il y avait autour. Il fallait absolument que j'aille me dégourdir les jambes, sinon j'allais être bonne pour m'endormir sur place.
J'ai donc profité de la légère accalmie pour aller faire un tour sur le site. Ils avaient sacrément limité l'espace de circulation, et il n'y avait pas beaucoup d'endroits où on était autorisé à aller. J'ai rapidement fait le tour du propriétaire, car le petit village était devenu quasiment inexistant. J'ai finalement fini par retourner à la maison de la musique, pour attendre patiemment The Lords of Altamont. Sans même les avoir vus ou entendus, je savais que ça ne me plairait pas. Du rock grunge avec des gars qui se la jouent loubards .... Quelle horreur !!!! Mais j'étais certainement mieux là que sous la pluie à attendre Asian Dub Foundation. La salle était sacrément remplie à cause du mauvais temps. J'ai peiné à me trouver une place dans les gradins, mais j'ai finalement pu m'asseoir bien confortablement. Je n'ai pas attendu longtemps avant que les Américains fassent leur entrée. Ils étaient quatre, vêtus de vestes en cuir, pantalons moulants et santiags. Ils se donnaient un look de bad-boy avec des airs de voyous. Ca faisait vraiment cliché ! Un écran géant était installé derrière eux, avec des messages et scènes de films cultes en accord avec leur univers (femmes sexy, drogués, motos, scènes violentes, loubards ...). Leur musique était donc très grunge, voire garage, et m'explosait les tympans. Et pour couronner le tout, les membres du groupe avaient une fâcheuse tendance à se la péter, dans leurs rôles de mauvais garçons. A plusieurs reprises le chanteur a essayé de monter sur son espèce de synthé pour se mettre au dessus du public. Il a d'ailleurs failli tomber à plusieurs reprises (ça aurait pu être drôle), mais s'est ressaisi à temps. La communication passait très mal avec le public, car ils ne prenaient pas la peine d'articuler. Quand on parle Anglais à un public Français, la moindre des choses c'est de s'exprimer lentement pour faciliter la compréhension. J'ai vraiment trouvé que le chanteur était une tête à claques. La panne qui a suivi a d'ailleurs conforté mon opinion. Comme pour The Dodoz, le groupe a subi un incident technique en plein milieu de leur show. Les instruments ont perdu le son. Seulement, au lieu de faire distraction, le chanteur s'est exclamé « that's the french techs ». Traduction : s'il y a eu un problème technique, c'est parce que ce sont des français qui s'en sont occupés. Au lieu de divertir le public, il s'est assis sur la batterie et a attendu les bras croisés qu'on se dépêche de résoudre la panne. Puis quand il a vu que les ingénieurs peinaient, il s'est levé et a fait son caprice de star en déclarant « ok good night », et a quitté la salle. J'étais en train d'halluciner. Je ne pensais pas qu'on pouvait être aussi débile. Pendant ce temps, son batteur et son guitariste se décarcassaient à essayer de faire marcher les instruments. Ils ont eu du mal, mais leur acharnement leur a permis de faire revenir le son. Ils ont alors enchainé sur un autre morceau, et le chanteur est revenu comme une fleur, au milieu de la scène d'un air de dire « bon ce n'est pas trop tôt » - « je vois qu'on a besoin de moi alors je reviens ». Il aurait pu rester dans les loges, ça ne m'aurait pas du tout gênée. Ils ont enchainé sur un autre morceau assez violent, avec des images de bagarres. Le batteur n'a d'ailleurs pas manqué de casser sa batterie en mille morceau pour clôturer la fin du concert. Très intelligent ! Ils nous ont vite salués et ont quitté la scène. J'étais soulagée que ce soit la fin. Malheureusement je devais avoir la poisse car ils sont revenus pour un rappel (très peu de groupes n'avaient eu droit à ce privilège). Le chanteur est descendu dans la fosse pour chanter avec les personnes de devant, et en a ramené deux avec lui. Elles ont fait un gigantesque saut et ont slammé jusqu'à la moitié de la salle.
Heureusement le concert touchait à sa fin, et je me suis empressée de le lever pour aller voir Asian Dub Foundation. La pluie avait cessé, mais le froid était à son apogée. La population avait sacrément changé. Je me suis retrouvée plongée dans l'univers du summer festival de l'an dernier avec tous les drogués qui avaient trois grammes d'alcool dans chaque ½il. Le site était vraiment devenu crade (on était censé être sensibilisé au tri sélectif), et les bénévoles essayaient tant bien de mal de ramasser les détritus qui trainaient. Certains étaient en train de faire pipi dans les allées, d'autres rampaient parterre. J'ai même croisé un gars totalement inconscient sur le sol, que ses camarades essayaient de réanimer. Ca faisait pitié à voir. Je me suis approchée de la scène Joe Strummer, mais ai bien pris le soin de ne pas me mélanger à la fosse sous le hangar. Je n'avais pas envie de respirer les vapeurs d'alcool et de canabis. Le sol était boueux et il était impossible de m'asseoir sur les collines. J'ai donc été contrainte de rester debout. Asian Dub Foundation était un groupe d'Electro/Dub qui m'a de suite fait penser au Peuple de l'herbe. C'était tout sauf mélodieux. C'était un mélange d'hip/hop et platine très très moche. Mais comme ce groupe était célèbre, j'ai fait l'effort de rester jusqu'à la fin pour ne pas mourir idiote et savoir ce qu'ils faisaient en concert. Je me suis demandée comment on pouvait aimer ce type de musique. Ou alors c'était le simple plaisir de se défoncer la gueule sur de la musique électro. Les secondes défilaient lentement, c'était insupportable pour les oreilles. Puis deux personnes complètement bourrées ont commencé à m'accoster pour me grommeler quelque chose que je n'ai pas compris tellement elles étaient déchirées. J'ai alors hoché la tête et me suis empressée de changer d'endroit. Mais l'un d'eux m'a suivie pour me dire autre chose, mais n'a pas insisté et est parti rejoindre ses potes qui étaient en train de quitter le site. J'ai alors décrété qu'il était grand temps que je m'en aille, que l'ambiance et la musique étaient vraiment devenues pitoyable. J'ai regardé le groupe encore 5 minutes, puis suis partie au moment où le chanteur demandait au public de chanter en c½ur avec lui. Tant pis pour les autres groupes, mais de toute façon ils ne m'intéressaient pas beaucoup.
J'ai donc pris le chemin pour rejoindre ma voiture garée sur le parking, et j'ai pu constater que d'autres personnes qui avaient l'air clean faisaient de même.
Le brouillard s'était levé, et il m'a été difficile de retrouver la sortie de Cap Découverte. En chemin, j'ai recroisé une nouvelle fois les flics. Mais ce coup-ci ils étaient occupés à secourir une voiture accidentée. Ils ne m'ont pas arrêtée, mais s'ils avaient pour ordre de rester jusqu'à la fermeture, ils allaient certainement avoir du travail.
La programmation m'aura une fois de plus déçue. Ce festival autrefois populaire a pris un sacré virage. Heureusement que la qualité du site est toujours là, et continue de me motiver pour y revenir chaque année.

# Enviado em Sábado 27 Setembro 2008 11:44