Deuxième soirée organisée par ces amoureux de la chanson Française. Après que Dionysos ait réveillé les esprits marins qui sommeillaient dans les pierres du théâtre de la mer, c'était au tour de Cali et Rimbaud de faire leur show. A noter que Camille devait également se produire le lendemain, ainsi que Tiken Jah Factory.
J'étais contente de pourvoir applaudir ce célèbre chanteur Catalan. Il était passé trois mois plus tôt à Montpellier, mais manque de bol j'étais tombée malade. Ca m'avait coûté une grande déception, ainsi qu'un ticket acheté pour rien. Je comptais donc bien me rattraper ce soir là !!
Malgré tout j'avais quand même une petite appréhension. Son troisième album « L'espoir » était pas mal, mais sans plus. Je crois que ce qui manque à Cali, c'est le renouvellement. Les sujets de ses chansons sont toujours les mêmes : « oh diantre, elle m'a trahie ! » ou « rendez-moi mon enfant !! ». Alors on peut quand même constater un petit effort avec l'arrivée de thèmes comme la guerre, l'adolescence ou les sans-papiers. Mais le ton est toujours le même. Sa maison de disque a beau avoir viré la quasi-totalité de ses musiciens, les compos sont toujours aussi redondantes et pleurnichardes.
Ce troisième album ne valait pas selon moi « l'amour parfait » ou « menteur », que j'avais adorés. Mais heureusement je savais que tout comme Dionysos, Cali avait un don pour les prestations scéniques. C'était un chanteur qui dégageait énormément d'énergie et de chaleur humaine. De la chaleur ! Il y allait y en avoir besoin ! Qui a dit qu'il faisait chaud dans le sud de la France au mois de Juin ? Je crois que je n'ai jamais eu autant froid à un concert ! Après qu'on ait frôlé l'orage et qu'on soit passé entre les gouttes, un petit vent marin glacial s'était levé sur la baie Sétoise. Même le tricot ne suffisait pas.
Quand je suis arrivée devant le théâtre, j'ai pris peur en constatant l'énorme queue qui se profilait devant moi. J'avais bien peur de me retrouver au fond des gradins. Mais la chance semblait de mon côté. Une petite place errait toute seule, sur le devant. Je me suis empressée de la prendre, un peu comme si je m'étais mise à jouer à la chaise musicale. J'ai constaté que les organisateurs avaient vendu les billets en surnombre. Il semblait ne pas y avoir suffisamment de place pour tout le monde, et les gens étaient obligés de s'asseoir dans les escaliers. En faisant un rapide tour d'horizon, je me suis également aperçue que le public n'était pas du tout le même que pour Dionysos. C'était davantage familial, et surtout, il y avait davantage de têtes de groupies. Et oui, c'est ce qui arrive quand on devient un chanteur populaire. Les amateurs se musique désertent, au profit de ceux qui viennent au premier rang pour dire « ouah t'as vu j'ai touché la main de Cali !! ». Bon j'exagère un peu, il n'y a pas que de ça, mais disons que ça devient plus récurrent.
C'est donc dans le froid que nous avons patiemment attendu que le chanteur Montpelliérain « Rimbaud », Jean-Philippe de son prénom, fasse son entrée.
Il était accompagné d'Olivier Merlet, un très bon violoniste /bassiste/ percussionniste et guitariste ! Bref, à eux deux, ils arrivaient à faire un orchestre entier ! Et puis la température semblait tout à fait en adéquation avec son univers, puisque son dernier album s'intitulait « ni même en Sibérie »... Il a d'ailleurs fait une jolie entrée sur scène, avec son bonnet sur la tête en disant : « bonjour, nous arrivons tout droit de Sibérie ! ». Mais bien sûr ... Il avait l'air très sympathique. Son style de musique était plutôt épuré : guitare / voix, avec un peu de basse ou violon derrière. On ne pouvait pas dire qu'il chantait vraiment : c'était du chant/parlé. C'est peut-être ce qui m'a le plus gêné chez lui. Puis il nous a finalement avoué qu'il avait menti : ce n'était pas vrai, il ne revenait pas de Sibérie, vu qu'il n'y avait jamais mis les pieds. Mais vu le froid qu'il faisait, il avait un peu l'impression d'y être. La chance n'était pas de leur côté, car au moment de la deuxième chanson, quand Olivier a commencé à taper dans la caisse claire, la sono a explosé !! Plus de son !! On les a vu paniquer en se disant « mince, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? ». J-Philippe a essayé de prendre sa guitare acoustique pour voir si on arrivait à l'entendre d'où on était, mais heureusement le son est rapidement revenu ! Merci les ingénieurs du son !!
Il a ainsi pu nous faire profiter de sa folle épopée sibérienne pendant presqu'une heure. Le public n'était pas chaud bouillant, au grand désespoir du groupe qui essayait coûte que coûte de mettre un peu d'ambiance. Mais les gens n'avaient qu'une seule pensée « Caliiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ». Le reste leur importait peu. Olivier aura quand même réussi à nous faire faire le bruit du vent glacial Sibérien avant de quitter la scène. Dommage qu'ils n'aient pas été plus applaudis que ça, car ils étaient bien sympathiques, et c'était pas mal ce qu'ils faisaient. C'est juste ce chant/parlé qui m'a gêné ... J'arriverai jamais à m'y faire !
Le théâtre s'était rempli à une vitesse effarante. Il n'était plus possible de circuler normalement. Les gens avaient assailli les escaliers. On se serait presque cru dans une fosse ! Tout le monde attendait impatiemment que notre chanteur de Rivesaltes fasse son entrée. Pendant l'entracte, les techniciens semblaient au taqué ! Il est vrai que ce petit théâtre n'avait peut-être plus l'habitude d'accueillir des stars autant populaires. L'animateur radio était toujours présent pour nous faire des commentaires sur les artistes et le festival. D'ailleurs, quand il a repris le micro pour nous annoncer l'arrivée de Cali, on se serait cru au coup d'envoi d'un match de foot. Il a commencé à nous retranscrire son parcours musical, mais tout le monde s'est mis à le huer. Les gens n'en avaient visiblement rien à faire, ils n'attendaient qu'une chose : « Caliiiiiiiiiiiiiii ». Je trouvais ça désespérant. Ca ne les aurait pas tué d'attendre cinq minutes de plus, et d'écouter poliment ce qu'il avait à nous dire. Moi je trouvais ça vachement intéressant, toutes les informations qu'il nous donnait sur lui. J'ai un peu tilté quand même, quand je l'ai entendu dire que son premier groupe avait pour nom « pénétration anale ».... On pouvait déjà apercevoir à l'époque son côté « provoc'». Je ne sais pas pourquoi mais le fait d'avoir entendu ça, et de voir toutes ces groupies autour de moi en train de s'émoustiller, m'a un peu refroidi. Je me suis alors rappelé des nombreux passages TV qu'il avait effectués et qui m'avaient un peu irrité : son passage aux victoires de la musique où il avait maquillé un mannequin et s'est mis à l'embrasser langoureusement, ou quand il était passé chez Ardisson et qu'il avait jeté toutes ses fiches. Cali avait un côté provocateur stupide, qui me gênait un peu. Il avait souvent tendance à en faire un peu trop. J'avais pourtant gardé un agréable souvenir de son passage au zénith de Montpellier, en mars 2006.
Vous l'aurez donc compris, au moment de son entrée sur scène, j'étais assez mitigée sur ce que j'allais voir. Cali est entré en courant avec ses musiciens, il a commencé à courir partout, avant de traverser la fosse et aller dans le public. Malgré les gradins, tout le monde s'était levé, comme pour Dionysos. Cali avait pris une espèce de haut-parleur et s'était mis à gueuler les « ohohohohoh » à capella, qu'on pouvait entendre sur « mille c½urs debout ». Il nous a alors demandé de les chantonner avec lui. Nous avons exécuté un bon moment, avant que les guitares se mettent à rugir, et que ses musiciens prennent le relais. J'ai ainsi pu observer sa nouvelle formation musicale : Richard Koninka a la batterie, Julien au piano (qui n'a fait que de courtes apparitions), accompagnés d'un bassiste, un guitariste, et deux trompettistes. Ma grande déception a été de voir qu'il n'y avait pas de violoniste, alors que chez Cali cet instrument avait une place importante. Cette nouvelle configuration m'a d'emblée refroidie, et j'ai pu constater par la suite que je n'allais pas être au bout de mes déceptions !
Notre chanteur Catalan était toujours aussi fou sur scène, et visiblement le public semblait presque aussi dingue que lui. Je ne sais pas pourquoi mais cette fois ci je ne me sentais pas dans mon élément. Mais peut-être que ça allait venir plus tard. Après avoir été généreusement applaudi sur ce premier titre, ils ont enchainé sur « je ne te reconnais plus ». Sur son dernier album, cette chanson est interprétée en duo avec Olivia Ruiz. Comme elle était venue faire une apparition avec Dionysos la veille, je m'étais dit qu'elle serait peut-être présente ce soir. Mais visiblement ce n'était pas au programme. J'aimais bien le côté hip-hop de ce morceau, mais j'étais déçue de voir la manière dont elle avait été arrangée pour la scène. En fait j'ai été déçue sur pratiquement tous les titres. Cali avait décidé de rendre ses concerts davantage rock et épurés, et ça faisait franchement moche. La quasi-totalité des morceaux étaient joués à la guitare électrique et seules les trompettes étaient là pour apporter quelques mélodies, et même pas sur tous les morceaux. C'était pareil pour le piano, malgré le fait que Julien était présent, il n'a pas fait beaucoup d'apparitions sur la scène. Puis ils ont joué le fameux tube « comme j'étais en vie », à éviter pour ceux qui ont fait overdose des premiers albums. Ca sonne comme du réchauffé de « menteur ».
Cali était autant déchainé qu'à son habitude, il courait partout, faisait des grimaces, attrapait les mains de ses groupies. Il était clair qu'il en faisait trop. Beaucoup trop. Et ne parlons pas de ses musiciens. Si j'avais pu foutre des claques à Richard Koninka je l'aurais fait. On avait l'impression que ça le gênait que ce soit Cali la star et pas lui. Il en faisait des tonnes, jetait ses baguettes en l'air, se levait, embrassait sa batterie. Bref, il faisait tout pour attirer l'attention sur lui et montrer à quel point il était fort à la batterie. C'était la même chose pour le bassiste. J'avais plus l'impression qu'ils étaient plus là pour faire une démonstration de prouesse technique, et flatter leur égo, que pour jouer de la musique. C'était vraiment agaçant !!
Puis un invité est apparu sur scène pour nous jouer une reprise. Apparemment c'était un ami de longue date de Cali, car jadis il faisait partie de son premier groupe de musique. Il l'avait fait venir ici, pour le présenter à son public, et nous informer que lui aussi avait débuté une carrière solo et qu'il fallait écouter ce qu'il faisait. Malheureusement je ne me rappelle plus de son nom.
Ce petit passage aura permis au public de se calmer un peu avant l'arrivée tant attendue de « elle m'a dit » ! Là aussi, le rendu était vraiment moche avec la guitare électrique. Et surtout Cali a fait quelque chose qui m'a exacerbé ! Il a fait signe aux fans de se rapprocher (c'était difficile de se rapprocher davantage) pour montrer qu'il allait sauter dans la foule. Autant dire que dans la fosse tout le monde se battait pour se trouver dans l'axe de leur idole. Cali s'est reculé pour prendre son élan et s'est mis à courir. Mais au grand étonnement de la salle, il s'est arrêté net au bord de la scène. Tout le monde s'est mis à crier et il nous a regardé en disant « non mais ça va pas la tête, vous ne croyiez pas que j'allais me jeter ». Il alors fait mine de faire un début de strip-tease, histoire de chauffer les filles de devant qui n'allaient pas avoir la chance de le toucher, et a conclu en disant « à 40 ans, je m'abstiens de faire ce genre de chose ». Je ne savais pas si je devais rire ou pleurer face à cette gaminerie. Cette mise en scène était vraiment à chier. S'il ne voulait pas se jeter dans le public, il n'avait pas besoin de faire cette mise en scène pitoyable et de faire sa star ! J'ai trouvé que c'était limite irrespectueux. On était bien loin de la spontanéité et des douces mélodies d'il y a deux ans. Mais le pire était de voir que parmi les musiciens, excepté le pianiste qu'on n'a pas beaucoup vu, Cali était certainement celui qui se la pétait le moins. La palme sera remise au bassiste qui se sera amusé à balancer sa basse dans les airs pour se la jouer rock, et Richard Koninka qui se sera mis debout sur sa batterie pour lever les bras face à la mer, avant d'embrasser son instrument. Quel cinéma !!
Cali nous a ensuite interprété « sophie calle », certainement celle que je préfère de son dernier album, avec « je ne te reconnais plus » car elles sonnent de manière différente. Il y a également eu « résistance », « guiseppe et maria », « l'espoir », « amoureux ». Dans la fosse, on pouvait apercevoir le drapeau Catalan, que Cali n'a pas manqué de brandir avec fierté. Beaucoup de fans Perpignanais s'étaient déplacés pour l'applaudir. Il y avait également pas mal d'enfants, que notre chanteur n'a pas manqué de faire monter sur scène en les prenant dans ses bras. C'était plutôt généreux de sa part. Deux dernières chansons du deuxième album clôtureront cette première partie avec « je te souhaite à mon pire ennemi » et « qui se soucie de moi ». J'aime beaucoup ces deux titres, de toute façon je les aime quasiment tous les morceaux de cet album.
Puis nos musiciens ont quitté la scène en nous narguant, en faisant mine que maintenant c'était fini et qu'on allait bien être dégouté. Ceci confirmant leur état d'esprit.
Mais nous avons bien entendu eu droit à un rappel, où ils sont revenus plus motivés que jamais. Cali avait les yeux qui brillaient et se tapotait le c½ur pour nous montrer à quel point notre chaleur humaine le touchait. Il est vrai que le public était particulièrement déchainé, même un peu trop à mon goût.
Ils nous avaient préparé deux autres titres en guise d'adieu. Le premier était « c'est quand le bonheur ». Tous les musiciens se sont approchés de la scène pour nous le jouer. Et j'ai adoré le moment où il a dit « je suis pendu au téléphone », en montrant Richard Koninka du doigt ! Trop fort le jeu de mot !! Mais une fois de plus j'ai détesté la nouvelle version instrumentale, avec cette guitare électrique qui ne rendait pas bien du tout. Les trompettes avaient été choisies pour remplacer le violon, et là aussi ça faisait vraiment moche. Heureusement, notre chanteur Catalan nous avait réservé une surprise. En même temps qu'il chantait, il s'est mis à gravir les escaliers du théâtre. Il est ainsi passé à deux millimètres de moi, et j'ai vu le moment où il allait me tendre le micro pour chanter avec lui. Heureusement il s'est abstenu. Il a continué à monter tranquillement les marches, pendant que les gens lui touchaient les épaules ou lui faisaient des bisous. Ils auraient quand même pu se retenir !! Puis une fois arrivé en haut, je l'ai perdu de vue. Mais je l'ai vite réaperçu ...... sur les gens !! Et oui, tout comme Mathias Malzieu la veille, il avait eu la folle idée de redescendre en slammant, la tête la première. Il était droit dans mon axe. Il avait les yeux écarquillés, on sentait qu'il avait quand même la trouille, et qu'il n'était pas tranquille. Moi à sa place j'aurais eu peur de me scratcher la tête la première ! Au moment où il est arrivé sur moi, je me suis mise à paniquer. Il n'y avait que des filles autour de moi, et j'avais vraiment peur de ne pas arriver à le soulever. D'ailleurs, sans faire exprès je l'ai un peu poussé vers la gauche, et ce sont les garçons d'à côté qui l'ont réquisitionné. Il a ainsi pu tranquillement finir sa trajectoire jusqu'à la scène. Ca valait bien la peine de nous faire tout son cinéma sur « elle m'a dit », si c'était pour finir dans le public !!
La fin du concert approchait à grands pas, et ils nous ont joué un dernier titre pour la route. Autant dire un vrai massacre !! Il s'agissait de « dolorosa » ...... mais version disco !!! Ils avaient actionné des lumières fluorescentes, et s'étaient mis à gigoter, comme s'ils étaient en boite de nuit. Cette version était vraiment affreuse !! Je peinais vraiment à reconnaître la chanson.
Puis heureusement, ils ont fini par nous saluer pour de bon. Il ne restait plus que Cali, seul sur scène, se nourrissant des applaudissements de la foule. Il est resté un petit moment. Il était tout ému et ne cessait de nous remercier. Puis il a brandi ses mains en forme de c½ur. Tout le monde dans le public a fait de même. Enfin sauf moi ... Mais c'est vrai qu'il était émouvant tellement ça semblait sincère. On ne pouvait pas lui reprocher son authenticité. Et c'est à contre c½ur qu'il quitta la scène définitivement. A mon grand étonnement il n'avait joué qu'1h30, alors qu'en 2006 il avait joué plus de 2h30 !! Mais je n'allais pas m'en plaindre.
Je me suis ainsi vite dépêchée de déserter le théâtre, pour ne pas avoir à attendre des heures avant d'accéder à la sortie. Le froid était toujours aussi intense. Le thermomètre affichait 15°. C'était vraiment peu pour un mois de juin !! En rejoignant ma voiture, j'essayais de palier à ma déception en repensant au concert de 2006. Ce changement de mise en scène avait certainement un lien avec l'arrivée des nouveaux musiciens. Quel dommage ! J'aimais vraiment ses deux premiers albums. Cette nouvelle version était vraiment un gâchis. Espérons que ça ne sera que passager !
J'étais contente de pourvoir applaudir ce célèbre chanteur Catalan. Il était passé trois mois plus tôt à Montpellier, mais manque de bol j'étais tombée malade. Ca m'avait coûté une grande déception, ainsi qu'un ticket acheté pour rien. Je comptais donc bien me rattraper ce soir là !!
Malgré tout j'avais quand même une petite appréhension. Son troisième album « L'espoir » était pas mal, mais sans plus. Je crois que ce qui manque à Cali, c'est le renouvellement. Les sujets de ses chansons sont toujours les mêmes : « oh diantre, elle m'a trahie ! » ou « rendez-moi mon enfant !! ». Alors on peut quand même constater un petit effort avec l'arrivée de thèmes comme la guerre, l'adolescence ou les sans-papiers. Mais le ton est toujours le même. Sa maison de disque a beau avoir viré la quasi-totalité de ses musiciens, les compos sont toujours aussi redondantes et pleurnichardes.
Ce troisième album ne valait pas selon moi « l'amour parfait » ou « menteur », que j'avais adorés. Mais heureusement je savais que tout comme Dionysos, Cali avait un don pour les prestations scéniques. C'était un chanteur qui dégageait énormément d'énergie et de chaleur humaine. De la chaleur ! Il y allait y en avoir besoin ! Qui a dit qu'il faisait chaud dans le sud de la France au mois de Juin ? Je crois que je n'ai jamais eu autant froid à un concert ! Après qu'on ait frôlé l'orage et qu'on soit passé entre les gouttes, un petit vent marin glacial s'était levé sur la baie Sétoise. Même le tricot ne suffisait pas.
Quand je suis arrivée devant le théâtre, j'ai pris peur en constatant l'énorme queue qui se profilait devant moi. J'avais bien peur de me retrouver au fond des gradins. Mais la chance semblait de mon côté. Une petite place errait toute seule, sur le devant. Je me suis empressée de la prendre, un peu comme si je m'étais mise à jouer à la chaise musicale. J'ai constaté que les organisateurs avaient vendu les billets en surnombre. Il semblait ne pas y avoir suffisamment de place pour tout le monde, et les gens étaient obligés de s'asseoir dans les escaliers. En faisant un rapide tour d'horizon, je me suis également aperçue que le public n'était pas du tout le même que pour Dionysos. C'était davantage familial, et surtout, il y avait davantage de têtes de groupies. Et oui, c'est ce qui arrive quand on devient un chanteur populaire. Les amateurs se musique désertent, au profit de ceux qui viennent au premier rang pour dire « ouah t'as vu j'ai touché la main de Cali !! ». Bon j'exagère un peu, il n'y a pas que de ça, mais disons que ça devient plus récurrent.
C'est donc dans le froid que nous avons patiemment attendu que le chanteur Montpelliérain « Rimbaud », Jean-Philippe de son prénom, fasse son entrée.
Il était accompagné d'Olivier Merlet, un très bon violoniste /bassiste/ percussionniste et guitariste ! Bref, à eux deux, ils arrivaient à faire un orchestre entier ! Et puis la température semblait tout à fait en adéquation avec son univers, puisque son dernier album s'intitulait « ni même en Sibérie »... Il a d'ailleurs fait une jolie entrée sur scène, avec son bonnet sur la tête en disant : « bonjour, nous arrivons tout droit de Sibérie ! ». Mais bien sûr ... Il avait l'air très sympathique. Son style de musique était plutôt épuré : guitare / voix, avec un peu de basse ou violon derrière. On ne pouvait pas dire qu'il chantait vraiment : c'était du chant/parlé. C'est peut-être ce qui m'a le plus gêné chez lui. Puis il nous a finalement avoué qu'il avait menti : ce n'était pas vrai, il ne revenait pas de Sibérie, vu qu'il n'y avait jamais mis les pieds. Mais vu le froid qu'il faisait, il avait un peu l'impression d'y être. La chance n'était pas de leur côté, car au moment de la deuxième chanson, quand Olivier a commencé à taper dans la caisse claire, la sono a explosé !! Plus de son !! On les a vu paniquer en se disant « mince, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? ». J-Philippe a essayé de prendre sa guitare acoustique pour voir si on arrivait à l'entendre d'où on était, mais heureusement le son est rapidement revenu ! Merci les ingénieurs du son !!
Il a ainsi pu nous faire profiter de sa folle épopée sibérienne pendant presqu'une heure. Le public n'était pas chaud bouillant, au grand désespoir du groupe qui essayait coûte que coûte de mettre un peu d'ambiance. Mais les gens n'avaient qu'une seule pensée « Caliiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ». Le reste leur importait peu. Olivier aura quand même réussi à nous faire faire le bruit du vent glacial Sibérien avant de quitter la scène. Dommage qu'ils n'aient pas été plus applaudis que ça, car ils étaient bien sympathiques, et c'était pas mal ce qu'ils faisaient. C'est juste ce chant/parlé qui m'a gêné ... J'arriverai jamais à m'y faire !
Le théâtre s'était rempli à une vitesse effarante. Il n'était plus possible de circuler normalement. Les gens avaient assailli les escaliers. On se serait presque cru dans une fosse ! Tout le monde attendait impatiemment que notre chanteur de Rivesaltes fasse son entrée. Pendant l'entracte, les techniciens semblaient au taqué ! Il est vrai que ce petit théâtre n'avait peut-être plus l'habitude d'accueillir des stars autant populaires. L'animateur radio était toujours présent pour nous faire des commentaires sur les artistes et le festival. D'ailleurs, quand il a repris le micro pour nous annoncer l'arrivée de Cali, on se serait cru au coup d'envoi d'un match de foot. Il a commencé à nous retranscrire son parcours musical, mais tout le monde s'est mis à le huer. Les gens n'en avaient visiblement rien à faire, ils n'attendaient qu'une chose : « Caliiiiiiiiiiiiiii ». Je trouvais ça désespérant. Ca ne les aurait pas tué d'attendre cinq minutes de plus, et d'écouter poliment ce qu'il avait à nous dire. Moi je trouvais ça vachement intéressant, toutes les informations qu'il nous donnait sur lui. J'ai un peu tilté quand même, quand je l'ai entendu dire que son premier groupe avait pour nom « pénétration anale ».... On pouvait déjà apercevoir à l'époque son côté « provoc'». Je ne sais pas pourquoi mais le fait d'avoir entendu ça, et de voir toutes ces groupies autour de moi en train de s'émoustiller, m'a un peu refroidi. Je me suis alors rappelé des nombreux passages TV qu'il avait effectués et qui m'avaient un peu irrité : son passage aux victoires de la musique où il avait maquillé un mannequin et s'est mis à l'embrasser langoureusement, ou quand il était passé chez Ardisson et qu'il avait jeté toutes ses fiches. Cali avait un côté provocateur stupide, qui me gênait un peu. Il avait souvent tendance à en faire un peu trop. J'avais pourtant gardé un agréable souvenir de son passage au zénith de Montpellier, en mars 2006.
Vous l'aurez donc compris, au moment de son entrée sur scène, j'étais assez mitigée sur ce que j'allais voir. Cali est entré en courant avec ses musiciens, il a commencé à courir partout, avant de traverser la fosse et aller dans le public. Malgré les gradins, tout le monde s'était levé, comme pour Dionysos. Cali avait pris une espèce de haut-parleur et s'était mis à gueuler les « ohohohohoh » à capella, qu'on pouvait entendre sur « mille c½urs debout ». Il nous a alors demandé de les chantonner avec lui. Nous avons exécuté un bon moment, avant que les guitares se mettent à rugir, et que ses musiciens prennent le relais. J'ai ainsi pu observer sa nouvelle formation musicale : Richard Koninka a la batterie, Julien au piano (qui n'a fait que de courtes apparitions), accompagnés d'un bassiste, un guitariste, et deux trompettistes. Ma grande déception a été de voir qu'il n'y avait pas de violoniste, alors que chez Cali cet instrument avait une place importante. Cette nouvelle configuration m'a d'emblée refroidie, et j'ai pu constater par la suite que je n'allais pas être au bout de mes déceptions !
Notre chanteur Catalan était toujours aussi fou sur scène, et visiblement le public semblait presque aussi dingue que lui. Je ne sais pas pourquoi mais cette fois ci je ne me sentais pas dans mon élément. Mais peut-être que ça allait venir plus tard. Après avoir été généreusement applaudi sur ce premier titre, ils ont enchainé sur « je ne te reconnais plus ». Sur son dernier album, cette chanson est interprétée en duo avec Olivia Ruiz. Comme elle était venue faire une apparition avec Dionysos la veille, je m'étais dit qu'elle serait peut-être présente ce soir. Mais visiblement ce n'était pas au programme. J'aimais bien le côté hip-hop de ce morceau, mais j'étais déçue de voir la manière dont elle avait été arrangée pour la scène. En fait j'ai été déçue sur pratiquement tous les titres. Cali avait décidé de rendre ses concerts davantage rock et épurés, et ça faisait franchement moche. La quasi-totalité des morceaux étaient joués à la guitare électrique et seules les trompettes étaient là pour apporter quelques mélodies, et même pas sur tous les morceaux. C'était pareil pour le piano, malgré le fait que Julien était présent, il n'a pas fait beaucoup d'apparitions sur la scène. Puis ils ont joué le fameux tube « comme j'étais en vie », à éviter pour ceux qui ont fait overdose des premiers albums. Ca sonne comme du réchauffé de « menteur ».
Cali était autant déchainé qu'à son habitude, il courait partout, faisait des grimaces, attrapait les mains de ses groupies. Il était clair qu'il en faisait trop. Beaucoup trop. Et ne parlons pas de ses musiciens. Si j'avais pu foutre des claques à Richard Koninka je l'aurais fait. On avait l'impression que ça le gênait que ce soit Cali la star et pas lui. Il en faisait des tonnes, jetait ses baguettes en l'air, se levait, embrassait sa batterie. Bref, il faisait tout pour attirer l'attention sur lui et montrer à quel point il était fort à la batterie. C'était la même chose pour le bassiste. J'avais plus l'impression qu'ils étaient plus là pour faire une démonstration de prouesse technique, et flatter leur égo, que pour jouer de la musique. C'était vraiment agaçant !!
Puis un invité est apparu sur scène pour nous jouer une reprise. Apparemment c'était un ami de longue date de Cali, car jadis il faisait partie de son premier groupe de musique. Il l'avait fait venir ici, pour le présenter à son public, et nous informer que lui aussi avait débuté une carrière solo et qu'il fallait écouter ce qu'il faisait. Malheureusement je ne me rappelle plus de son nom.
Ce petit passage aura permis au public de se calmer un peu avant l'arrivée tant attendue de « elle m'a dit » ! Là aussi, le rendu était vraiment moche avec la guitare électrique. Et surtout Cali a fait quelque chose qui m'a exacerbé ! Il a fait signe aux fans de se rapprocher (c'était difficile de se rapprocher davantage) pour montrer qu'il allait sauter dans la foule. Autant dire que dans la fosse tout le monde se battait pour se trouver dans l'axe de leur idole. Cali s'est reculé pour prendre son élan et s'est mis à courir. Mais au grand étonnement de la salle, il s'est arrêté net au bord de la scène. Tout le monde s'est mis à crier et il nous a regardé en disant « non mais ça va pas la tête, vous ne croyiez pas que j'allais me jeter ». Il alors fait mine de faire un début de strip-tease, histoire de chauffer les filles de devant qui n'allaient pas avoir la chance de le toucher, et a conclu en disant « à 40 ans, je m'abstiens de faire ce genre de chose ». Je ne savais pas si je devais rire ou pleurer face à cette gaminerie. Cette mise en scène était vraiment à chier. S'il ne voulait pas se jeter dans le public, il n'avait pas besoin de faire cette mise en scène pitoyable et de faire sa star ! J'ai trouvé que c'était limite irrespectueux. On était bien loin de la spontanéité et des douces mélodies d'il y a deux ans. Mais le pire était de voir que parmi les musiciens, excepté le pianiste qu'on n'a pas beaucoup vu, Cali était certainement celui qui se la pétait le moins. La palme sera remise au bassiste qui se sera amusé à balancer sa basse dans les airs pour se la jouer rock, et Richard Koninka qui se sera mis debout sur sa batterie pour lever les bras face à la mer, avant d'embrasser son instrument. Quel cinéma !!
Cali nous a ensuite interprété « sophie calle », certainement celle que je préfère de son dernier album, avec « je ne te reconnais plus » car elles sonnent de manière différente. Il y a également eu « résistance », « guiseppe et maria », « l'espoir », « amoureux ». Dans la fosse, on pouvait apercevoir le drapeau Catalan, que Cali n'a pas manqué de brandir avec fierté. Beaucoup de fans Perpignanais s'étaient déplacés pour l'applaudir. Il y avait également pas mal d'enfants, que notre chanteur n'a pas manqué de faire monter sur scène en les prenant dans ses bras. C'était plutôt généreux de sa part. Deux dernières chansons du deuxième album clôtureront cette première partie avec « je te souhaite à mon pire ennemi » et « qui se soucie de moi ». J'aime beaucoup ces deux titres, de toute façon je les aime quasiment tous les morceaux de cet album.
Puis nos musiciens ont quitté la scène en nous narguant, en faisant mine que maintenant c'était fini et qu'on allait bien être dégouté. Ceci confirmant leur état d'esprit.
Mais nous avons bien entendu eu droit à un rappel, où ils sont revenus plus motivés que jamais. Cali avait les yeux qui brillaient et se tapotait le c½ur pour nous montrer à quel point notre chaleur humaine le touchait. Il est vrai que le public était particulièrement déchainé, même un peu trop à mon goût.
Ils nous avaient préparé deux autres titres en guise d'adieu. Le premier était « c'est quand le bonheur ». Tous les musiciens se sont approchés de la scène pour nous le jouer. Et j'ai adoré le moment où il a dit « je suis pendu au téléphone », en montrant Richard Koninka du doigt ! Trop fort le jeu de mot !! Mais une fois de plus j'ai détesté la nouvelle version instrumentale, avec cette guitare électrique qui ne rendait pas bien du tout. Les trompettes avaient été choisies pour remplacer le violon, et là aussi ça faisait vraiment moche. Heureusement, notre chanteur Catalan nous avait réservé une surprise. En même temps qu'il chantait, il s'est mis à gravir les escaliers du théâtre. Il est ainsi passé à deux millimètres de moi, et j'ai vu le moment où il allait me tendre le micro pour chanter avec lui. Heureusement il s'est abstenu. Il a continué à monter tranquillement les marches, pendant que les gens lui touchaient les épaules ou lui faisaient des bisous. Ils auraient quand même pu se retenir !! Puis une fois arrivé en haut, je l'ai perdu de vue. Mais je l'ai vite réaperçu ...... sur les gens !! Et oui, tout comme Mathias Malzieu la veille, il avait eu la folle idée de redescendre en slammant, la tête la première. Il était droit dans mon axe. Il avait les yeux écarquillés, on sentait qu'il avait quand même la trouille, et qu'il n'était pas tranquille. Moi à sa place j'aurais eu peur de me scratcher la tête la première ! Au moment où il est arrivé sur moi, je me suis mise à paniquer. Il n'y avait que des filles autour de moi, et j'avais vraiment peur de ne pas arriver à le soulever. D'ailleurs, sans faire exprès je l'ai un peu poussé vers la gauche, et ce sont les garçons d'à côté qui l'ont réquisitionné. Il a ainsi pu tranquillement finir sa trajectoire jusqu'à la scène. Ca valait bien la peine de nous faire tout son cinéma sur « elle m'a dit », si c'était pour finir dans le public !!
La fin du concert approchait à grands pas, et ils nous ont joué un dernier titre pour la route. Autant dire un vrai massacre !! Il s'agissait de « dolorosa » ...... mais version disco !!! Ils avaient actionné des lumières fluorescentes, et s'étaient mis à gigoter, comme s'ils étaient en boite de nuit. Cette version était vraiment affreuse !! Je peinais vraiment à reconnaître la chanson.
Puis heureusement, ils ont fini par nous saluer pour de bon. Il ne restait plus que Cali, seul sur scène, se nourrissant des applaudissements de la foule. Il est resté un petit moment. Il était tout ému et ne cessait de nous remercier. Puis il a brandi ses mains en forme de c½ur. Tout le monde dans le public a fait de même. Enfin sauf moi ... Mais c'est vrai qu'il était émouvant tellement ça semblait sincère. On ne pouvait pas lui reprocher son authenticité. Et c'est à contre c½ur qu'il quitta la scène définitivement. A mon grand étonnement il n'avait joué qu'1h30, alors qu'en 2006 il avait joué plus de 2h30 !! Mais je n'allais pas m'en plaindre.
Je me suis ainsi vite dépêchée de déserter le théâtre, pour ne pas avoir à attendre des heures avant d'accéder à la sortie. Le froid était toujours aussi intense. Le thermomètre affichait 15°. C'était vraiment peu pour un mois de juin !! En rejoignant ma voiture, j'essayais de palier à ma déception en repensant au concert de 2006. Ce changement de mise en scène avait certainement un lien avec l'arrivée des nouveaux musiciens. Quel dommage ! J'aimais vraiment ses deux premiers albums. Cette nouvelle version était vraiment un gâchis. Espérons que ça ne sera que passager !


