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Summer Rock Festival – 13 septembre 2008 – Cap Découverte près d'Albi (Tarn)

Summer Rock Festival – 13 septembre 2008 – Cap Découverte près d’Albi (Tarn)
« Il pleut, il pleut, bergère » ou « j'ai froid, je pleure de la neige », auraient pu être les deux hymnes de cette nouvelle édition du winter (heu pardon), summer rock festival !
Par un souci d'efficacité, les organisateurs avaient décidé de déplacer ce traditionnel rassemblement du mois de juin, au mois de septembre. Mais ce petit changement avait certainement dû contrarier la météo, qui avait décidé de faire des siennes : des températures anormalement froides pour la saison (l'été de l'oublions pas), avec un thermomètre ne dépassant pas les 10°C à minuit, et des averses à répétitions histoire de pimenter un peu la soirée.
Dommage, quand on pense à quel point le cadre de ce festival est idyllique.
Cap Découverte a vu le jour à Carmaux (ville natale de Jean Jaurès), au milieu des années 80. A cette époque, les mines de charbon locales devaient affronter la crise économique et les menaces de fermeture. Afin d'empêcher que des milliers de mineurs ne se retrouvent à la rue, Laurent Fabius avait décidé de changer radicalement les méthodes de travail en proposant un concept soit disant beaucoup plus efficace : ne plus construire de tunnels sous terre, mais utiliser des bulldozers en creusant un énorme trou jusqu'à ce qu'on arrive au niveau du charbon (une mine à ciel ouvert en quelque sorte). Mais ce projet fut un véritable fiasco, sachant que la mine a fermé à la fin des années 80, sans que les ouvriers n'arrivent même à trouver ne serait-ce qu'une poussière de charbon. Un véritable gouffre financier !! (Je fais mon historienne, mais j'ai revisité le musée de la mine cet été, et je n'ai pas perdu une minute du discours du guide !!).
Pendant plusieurs années ce site a complètement été laissé à l'abandon, jusqu'à ce que Paul Quilès, ancien député du Tarn au début des années 2000, décide de transformer cet énorme « trou », en base de loisirs pour les sportifs (aménagement d'un lac, piscine, ski sur herbe, descente en luge, acrobranches etc ...). Mais cet endroit semblait être maudit. Ce projet fut un véritable gouffre financier, les visiteurs n'ont pas été pas au RDV, et une fois de plus Cap Découverte semble être au bord de la faillite.
Heureusement, le seul événement permettant d'y faire venir des gens est sans hésitation le traditionnel summer rock festival. Une véritable réussite qui attire chaque année plus de 20 000 visiteurs.
Jusqu'à présent, il avait l'habitude de se dérouler sur deux jours. Cette année, les organisateurs ont préféré le faire sur un seul jour et d'étendre les concerts dans l'après midi. Toujours deux scènes, mais placées différemment car pour des raisons purement météorologique, la scène Ramones a été transférée à l'intérieur de la maison de la musique.
Le premier groupe à se produire était Jo Corbeau ADN à 14h (concert gratuit au bord du lac, ça aurait pu être bien si on avait pu se baigner en même temps), puis ont suivi : Les Jocks, Stuck in the sound, The puppetmastaz, The whip, The lords of altamont, Phoebe Killdeer, Beat assailant, Elisa do brasil (pour la scène Ramones), et The dodoz, Coming soon, The do, Tiken jah fakoly, Asian dub foundation, Roots manuva et Etienne de crecy (pour la scène Joe Strummer). Bref 16 groupes à savourer de 14h à 5h du matin, et pour seulement 20¤ (pour ma part en tout cas car j'ai bénéficié de la réduction des 400 premières places achetées).
Avec cet achat, nous avions également la possibilité d'accéder gratuitement à toutes les activités sportives de Cap Découverte, pendant la journée. Mais le temps n'était pas au beau fixe, j'ai donc fait l'impasse.

Je suis arrivée sur le site aux alentours de 17h30. Les flics étaient traditionnellement là pour le contrôle d'alcoolémie et de drogue. Pour l'alcool c'était encore tôt, mais la drogue ..... c'était le moment idéal pour fouiller les voitures. Je me suis donc faîte arrêtée au niveau du dernier rond-point, avant d'entamer la côte menant aux sommets de Cap Découverte. Le flic m'a demandé si j'allais au festival, et a contrôlé mon identité. Rien de méchant. De toute façon avec ma tête de gentille, et ma voiture clean, ils n'insistent jamais beaucoup. Par contre, j'ai pu constater que des hipis venus avec des camions se faisaient fouiller dans tous les sens.
J'ai ainsi pu arriver rapidement sur le site du festival. Il y avait déjà pas mal de monde, et j'ai pu constater une petite nouveauté : plus de bracelet « pass » pour circuler librement sur l'ensemble du site. Ils avaient mis des barrières au niveau des deux scènes, et nous n'avions plus la possibilité de nous balader. Toute sortie était définitive. C'était un peu dommage, car le cadre était magnifique. Le village (marché de boutiques) avait sacrément été réduit : seuls 5 ou 6 vendeurs pour se partager l'allée menant aux deux scènes. Il était évident que l'aménagement du festival avait perdu de son charme.
Lorsque je suis arrivée au niveau de la maison de la musique, les jocks (jeune groupe Albigeois), venaient de terminer de jouer et les Dodoz avaient ainsi pris place sur la grande scène Joe Strummer. Ils étaient très jeunes, peut-être même encore lycéens, et venaient tout droit de Toulouse. Ils opéraient dans le style récurrent du summer depuis deux ans : rock brut qui envoie au niveau du son. Pas vraiment ma tasse de thé, quand on sait à quel point je suis attachée aux douces mélodies !! Ils avaient l'air très impressionnés de jouer devant nous, même s'il n'y avait pas encore beaucoup de monde. Le guitariste de droite était très sympa et nous envoyait souvent des petits coucous. Mais malheureusement le premier problème technique de la soirée les a coupés dans leur élan. Il y a eu un énorme bruit, et le son est parti !! A ce moment, ils se sont demandés comment ils allaient pouvoir meubler, le temps que les ingénieurs du son interviennent. Le batteur a commencé à nous jouer une petite rythmique, et les autres musiciens ont également pris des baguettes pour taper dessus. Ils étaient tous les cinq regroupés autour de la batterie, et faisaient style de continuer le show. Puis quelques minutes plus tard, le son est revenu et ils ont pu récupérer leurs instruments. A partir de là, ils n'ont cessé de s'excuser pour ce petit incident, et nous ont vivement remerciés pour notre patience. Ils ont dédicacé la chanson suivante au groupe Parisien « Stuck in the sound », avec qui ils avaient l'air très potes, et nous ont vivement conseillé d'aller les voir jouer sur l'autre scène. C'était d'ailleurs prévu dans mon programme. J'ai donc attendu cinq minutes de plus, puis suis partie au moment où ils ont annoncé le titre « boyfriend in oxford », histoire de ne pas louper l'entrée de Stuck in the sound, à l'intérieur de la salle Ramones. J'ai d'ailleurs un peu peiné à trouver par où on devait entrer.
Quand je suis arrivée, le groupe était encore en train de faire les balances. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils ne s'y prenaient pas à l'avance. J'avais une petite appréhension par rapport au style très énergique du groupe, mais la vue de la guitare acoustique du chanteur m'a rassurée. Peut-être que ça n'allait pas être si rock et brut que ça, d'autant plus que le titre qu'ils étaient en train de jouer était plutôt calme. J'ai pu m'approcher jusqu'à la rambarde pour les regarder patiemment, jusqu'à ce que le chanteur annonce que tout était ok et qu'ils pouvaient aller se préparer en loge. Une personne à côté de moi a essayé de faire de l'humour, en les interpelant pour dire « that's the only song ?? », et le chanteur a ricané en faisant « yeaaaaah ». Nous avons attendu 10 petites minutes, le temps que The Dodoz termine son set, avant de revoir nos quatre musiciens refaire leur apparition. Je les connaissais de nom, mais n'avais jamais réellement été attirée par leur style. C'était le moment idéal pour me faire une réelle opinion sur eux.
Les premières notes ont sonné comme une détonation que je me suis prise en pleine face ! Il n'y avait pas à dire, c'était du son brut qu'ils envoyaient ! Je me suis même reculée dans la fosse pour pouvoir mieux entendre les instruments et ne pas devenir sourde ! J'ai été un horrifiée de voir que le chanteur jouait de la guitare acoustique en son saturé !! Ca sonnait moche ! Mais mis à part ça, ils étaient très sympathiques. Ils nous invitaient souvent à taper dans les mains pendant les introductions des chansons, et étaient très communicatifs. Le chanteur était très mignon avec sa capuche, je la lui aurais bien piquée pour assister aux autres concerts dehors ! Puis ils ont joué un morceau que je trouvais pas mal, mais qui ressemblait fortement à « song2 » de Blur, et je n'aimais pas la manière qu'avait le chanteur de monter dans les aigus. C'était un style comme les autres, mais ça faisait bizarre. Heureusement le morceau suivant a commencé de manière plus calme, mais ce n'était qu'une illusion car les guitares n'ont pas tardé à s'enflammer.
Puis le batteur a pris la parole pour nous dire qu'il était venu le moment de nous dire des choses dont on avait rien à foutre (mais faut pas dire ça !! on s'intéresse à tout !!) : apparemment le groupe ne se trouvait pas du tout en tournée, et ça faisait presque quatre mois qu'ils n'avaient pas joué sur scène (d'où le stress !^). En réalité, ils étaient en train de préparer un nouvel album qui allait sortir au mois de janvier, et ils avaient décidé de nous en jouer un extrait ! J'ai été agréablement surprise, car le style était beaucoup plus mélodieux. Je l'ai préférée aux titres des albums précédents. Mais visiblement, ça leur avait foutu les pétoches de nous la jouer, car à la fin le chanteur a poussé un soupir de soulagement en disant « ok donc ça c'est fait ouf ». Puis a suivi le seul titre que je connaissais d'eux qui s'appelait « toyboy », toujours très brut, où ils se sont tous figés en plein milieu du morceau (ça doit être à la mode en ce moment, car Sinsemilia avait fait pareil un mois avant), et le chanteur s'est mis à nous improviser une chorégraphie, certainement en rapport avec ce qu'il nous chantait (enfin je l'espère !), mais comme c'était de l'anglais je ne faisais pas trop attention aux paroles.
Enfin, pour terminer ils nous ont joué un autre morceau du prochain album, en remerciant à leur tour les Dodoz, et en nous invitant à faire un tour sur l'ensemble du site pour assister aux autres concerts.
Il était maintenant l'heure d'aller rejoindre les Coming soon sur l'autre scène. Je ne les connaissais pas du tout, je n'avais jamais entendu leur nom auparavant. J'espérais simplement que ça serait un peu plus mélodieux !! Au loin, je pouvais entendre un instrument qui m'a fait pousser un soupir de soulagement : le xylophone !!! Enfin un peu de douceur !! Je me suis empressée d'atteindre la grande scène. Il n'y avait pas beaucoup de monde et l'ambiance était plutôt familiale. Je n'ai pas eu de mal à me faufiler dans les rangs de devant. Comme les Dodoz, les musiciens étaient très très jeunes, surtout le batteur qui ne devait pas avoir plus de 15 ans. Ils étaient également nombreux : 7 personnes à se partager la scène. J'ai apprécié les sonorités country qui se dégageaient de leurs morceaux, même si je n'étais pas méga fan de leur musique. Mais au moins c'était calme, et il y avait de la clarinette et de la flûte !!
La petite particularité de ce groupe était qu'il n'y avait pas de chanteur attitré : tous les musiciens s'y collaient, même le batteur qui pour la peine avait laissé le guitariste faire la rythmique à sa place. Au milieu de tout cela, il y avait un type maquillé qui faisait un peu figuration vu qu'il ne jouait d'aucun instrument et qu'il n'a chanté que sur quelques titres. Il était un peu bizarre, avec l'air shooté et la cigarette à la main. Il me faisait un peu penser à Brian Molko !!
Toutes ces petites chansons étaient sympathiques, mais le groupe suivant allait bientôt faire son entrée sur l'autre scène. J'ai récupéré un programme pour voir de qui il s'agissait, et il s'avérait que ce groupe s'appelait The Puppetmastaz. Sur le coup ce nom ne m'a rien évoqué, et l'appellation « hip/hop » m'a vite refroidie. Je me suis alors dit que j'allais en profiter pour manger tranquillement au village, mais en re-feuilletant le dépliant j'ai pu lire « on ne présente plus ces célèbres marionnettes Allemandes ». Et là je me suis souvenue que j'avais aperçu ce groupe lors d'un festival que j'avais vu à la télé, et qu'ils avaient littéralement cassé la baraque ! Leur concept original m'avait frappé, et je me suis dit que ce serait une super occasion de les voir en vrai !!
Je me suis alors précitée vers la maison de la musique, en espérant de pas avoir trop raté de leur spectacle. Un vigile était là pour filtrer les gens à l'entrée. Je me suis demandée pourquoi il empêchait certaines personnes de pénétrer dans la salle, et j'ai alors décidé de passer par le balcon. Il y avait également un vigile, qui comptait les gens qui montaient. Je me suis demandée ce qui se passait, car pour Stuck in the sound ils n'avaient pas fait autant de manières. Mais je n'ai pas tardé à comprendre. La salle était littéralement bondée, il n'y avait plus de place. Les gens étaient serrés comme des sardines, même sur le balcon !! Apparemment ils étaient sacrément célèbres dans le milieu du hip/hop. Mais pourquoi les organisateurs avaient-ils décidé de les faire jouer dans la petite salle, qui ne contenait pas plus de 1000 places ? C'était un peu injuste pour tous ceux qui avaient payé, et qui ne pouvaient pas assister au concert ! Le fait d'être montée sur le balcon m'a permis d'apercevoir quelque chose que tout à fait intéressant et exclusif : alors que la plupart des spectateurs ne voyaient que des marionnettes s'agiter, je pouvais voir ce qui se passait derrière la bâche. Le visage des musiciens, mais également la manière dont ils faisaient vivre leurs petits personnages et géraient les platines. Mais ça gâchait quand même un peu la magie du spectacle, car du coup je ne me concentrais plus uniquement sur les marionnettes. Le style hip/hop n'a jamais été ma tasse de thé, mais l'originalité de leur show m'a littéralement captivée. Le public était en folie et il y avait une sacrée ambiance !! De plus, ces protagonistes parlaient très bien français (pour des allemands...), et nous racontaient plein de petites histoires entre les morceaux (notamment le fait que qu'il y en avait marre que les marionnettes soient le jouet de l'homme) etc... Bref ça faisait à la fois musique et spectacle vivant ! Il y avait vraiment de la créativité ! Puis c'est avec grand plaisir que tous les musiciens sont sortis de derrière leur bâche, pour nous jouer un titre très rythmé, à visage découvert au bord de la scène. Tout le monde s'est mis à sauter, difficile de rester de marbre face à toute cette énergie. Mais il était bientôt l'heure que je m'en aille, si je voulais avoir le temps de m'acheter à manger et être là pour l'entrée de The Do (un des groupes qui m'intéressait le plus). Je suis donc partie 10 minutes avant la fin. Le public était devenu complètement dingue. Surtout les adolescents. J'ai d'ailleurs assisté à quelque chose qui m'a littéralement choquée. Ils étaient tellement surexcités, qu'il y en a un qui a attrapé son pote pour faire semblant de le faire passer par-dessus la rambarde. Sauf qu'il l'a réellement soulevé, et que la première moitié de son corps penchait complètement dans le vide. Une personne à côté s'est alors empressée de le rattraper. Complètement tarés !! Je me suis dépêchée de quitter la foule, ce qui a permis à certaines personnes qui attendaient dehors d'entrer à ma place. J'ai pu constater qu'ils avaient installé un écran géant devant la salle, pour tous ceux qui n'avaient pas pu y pénétrer. Mais ça ne faisait pas pareil. Et puis regarder un spectacle à l'écran dans le froid et sous la pluie n'était franchement pas l'idéal ...
Le site s'était sacrément rempli par rapport à mon arrivée. Mais les gens avaient l'air encore clean et pas trop bourrés (ou drogués). J'étais encore dans la queue pour m'acheter à manger, quand The Do a fait son entrée sur scène. D'où j'étais je pouvais les voir, mais de très loin. J'ai donc un peu pressé le serveur pour me dépêcher de rejoindre la fosse et me faufiler au 10eme rang. J'étais restée mitigée par rapport à ce groupe. Le titre matraqué en radio « on my shoulder » ne m'avait pas vraiment séduite. Mais je ne connaissais pas assez le groupe pour pouvoir le juger. Et bien il s'est avéré que j'ai beaucoup apprécié leur prestation. Leurs chansons ont pris une autre dimension sur scène, avec beaucoup plus d'énergie, et la voix d'Olivia était d'une beauté remarquable. Elle était vêtue d'une magnifique robe à dentelle et était très sympathique. Le duo s'était transformé en trio pour l'occasion, avec l'ajout d'un batteur. Le répertoire était très électrique, plutôt minimaliste, mais surtout très mélodieux, comparé aux autres groupes qui étaient passés avant eux. Le froid se faisait de plus en plus intense, et Olivia n'a pas manqué de le souligner. Du coup, elle nous a vivement encouragés à bouger pour nous réchauffer un peu. La plupart des gens ont suivi ses conseils, surtout quand est arrivée le fameux tube « on my shoulder ». Il rendait plutôt bien en live. J'ai été surprise d'entendre le violon, alors qu'il n'y en avait pas sur scène, pas même de claviers. Ils avaient certainement dû le préenregistrer. Puis, comme si elle voulait désespérément lutter contre le froid, Olivia s'est mise de plus en plus à gigoter, jusqu'à arriver à une sorte de transe sur les derniers titres. Le concert arrivait malheureusement à sa fin, et des personnes complètement bourrées commençaient à polluer la fosse, et embêter les personnes qui voulaient tranquillement écouter le groupe. Ils gueulaient tellement fort que je n'arrivais plus à entendre ce qu'Olivia essayait de nous dire. J'ai donc profité que nous nous trouvions entre deux averses, pour sortir du hangar et monter sur les collines. Là au moins, personne ne m'embêterait. Malheureusement, j'ai pu constater que le groupe avait déjà dépassé les 3 /4 d'heure de show qui leur avait été attribué. Il me tardait qu'ils terminent car The Whip avait commencé sur l'autre scène, et je ne voulais les rater pour rien au monde. Puis, comme si le groupe avait lu dans mes pensées, le trio s'est avancé sur le devant de la scène pour nous saluer et quitter la scène. J'ai alors retenu mon souffle pour voir s'il y aurait un rappel. Mais visiblement ça n'était pas au programme. Je me suis alors dépêchée de rejoindre la salle Ramones pour applaudir The Whip. J'avais peur que comme pour the Puppetmastaz, la salle soit pleine et qu'on m'empêche d'y entrer. Mais apparemment ce groupe devait être beaucoup moins connu car la fosse n'était remplie que de moitié. Je n'ai pas eu de mal à trouver une place dans les gradins. Ca faisait du bien de s'asseoir un peu, car ça faisait déjà plusieurs heures que j'assistais aux concerts debout. Ce groupe m'était encore inconnu il y a 2 semaines. Mais comme j'avais vu qu'il faisait partie de la programmation, je n'ai pas pu résister à l'envie d'aller écouter quelques titres sur leur myspace. J'ai trouvé leur musique très sympa, avec un mélange de rock et d'électro qui rendait super bien. Les titres qui m'ont le plus marquée ont été « trash » et « blackout ». Il ne manquait plus qu'à voir ce qu'ils donnaient sur scène.
La première chose qui m'a marquée était la pénombre dans laquelle ils jouaient. L'éclairage était très faible, on pouvait à peine distinguer leurs visages. Mais j'ai quand pu repérer qu'ils étaient quatre, et qu'ils envoyaient énormément, sans pour autant être bourrins. J'ai adoré leur style musical, surtout les deux derniers morceaux où le chant était davantage présent. Les personnes dans la salle avaient l'air un peu endormies au début, mais le groupe n'a pas peiné à les conquérir et leur donner une sacrée envie de bouger. C'était de loin le meilleur groupe de la soirée et le moment que j'ai le plus apprécié. Malheureusement j'avais loupé le début de leur prestation, et le concert est passé à une vitesse vertigineuse. Ils nous ont rapidement quittés, laissant les amateurs d'électro sur le carreau. J'avais la flemme de me lever de mon siège, surtout que les organisateurs avaient mis « 15 steps » de Radiohead pour débuter l'entracte. J'ai tout de même sorti mon programme pour voir quel groupe était en train de jouer sur Joe Strummer. Il s'agissait de Tiken Jah Fakoly. Un artiste certainement connu dans le milieu du reggae, car j'avais pu le voir à l'affiche de nombreux festivals cet été, mais je ne le connaissais pas du tout. Je me suis donc motivée pour me lever et aller voir ce qu'il donnait sur l'autre scène. En sortant de la salle, j'ai été accueillie par un torrent d'eau qui s'était subitement mis à tomber du ciel. J'ai donc traversé le petit terrain vague en courant pour me glisser sous le hangar qui abritait le public de la 2eme scène. Malheureusement il n'y avait plus de place, et il a fallu que je m'incruste par les côtés pour pouvoir m'y faufiler. Manque de bol, je me suis retrouvée au milieu d'une fumée de canabis qui m'a donné un sacré mal de tête. Et oui, on était à un concert de reggae, ça allait avec !! J'ai tout de même essayé d'y faire abstraction pour me plonger dans le concert. Je dois avouer que je me suis rarement autant ennuyée ! C'était mou, pas mélodieux, endormant ... Ca m'a rappelé un festival que j'avais vu à Montpellier où il y avait Wiston Mc Anuff. Qu'est-ce que je m'étais faite chier !!!!! Bref, ça ne valait pas la peine de supporter tous les désagréments qu'il y avait autour. Il fallait absolument que j'aille me dégourdir les jambes, sinon j'allais être bonne pour m'endormir sur place.
J'ai donc profité de la légère accalmie pour aller faire un tour sur le site. Ils avaient sacrément limité l'espace de circulation, et il n'y avait pas beaucoup d'endroits où on était autorisé à aller. J'ai rapidement fait le tour du propriétaire, car le petit village était devenu quasiment inexistant. J'ai finalement fini par retourner à la maison de la musique, pour attendre patiemment The Lords of Altamont. Sans même les avoir vus ou entendus, je savais que ça ne me plairait pas. Du rock grunge avec des gars qui se la jouent loubards .... Quelle horreur !!!! Mais j'étais certainement mieux là que sous la pluie à attendre Asian Dub Foundation. La salle était sacrément remplie à cause du mauvais temps. J'ai peiné à me trouver une place dans les gradins, mais j'ai finalement pu m'asseoir bien confortablement. Je n'ai pas attendu longtemps avant que les Américains fassent leur entrée. Ils étaient quatre, vêtus de vestes en cuir, pantalons moulants et santiags. Ils se donnaient un look de bad-boy avec des airs de voyous. Ca faisait vraiment cliché ! Un écran géant était installé derrière eux, avec des messages et scènes de films cultes en accord avec leur univers (femmes sexy, drogués, motos, scènes violentes, loubards ...). Leur musique était donc très grunge, voire garage, et m'explosait les tympans. Et pour couronner le tout, les membres du groupe avaient une fâcheuse tendance à se la péter, dans leurs rôles de mauvais garçons. A plusieurs reprises le chanteur a essayé de monter sur son espèce de synthé pour se mettre au dessus du public. Il a d'ailleurs failli tomber à plusieurs reprises (ça aurait pu être drôle), mais s'est ressaisi à temps. La communication passait très mal avec le public, car ils ne prenaient pas la peine d'articuler. Quand on parle Anglais à un public Français, la moindre des choses c'est de s'exprimer lentement pour faciliter la compréhension. J'ai vraiment trouvé que le chanteur était une tête à claques. La panne qui a suivi a d'ailleurs conforté mon opinion. Comme pour The Dodoz, le groupe a subi un incident technique en plein milieu de leur show. Les instruments ont perdu le son. Seulement, au lieu de faire distraction, le chanteur s'est exclamé « that's the french techs ». Traduction : s'il y a eu un problème technique, c'est parce que ce sont des français qui s'en sont occupés. Au lieu de divertir le public, il s'est assis sur la batterie et a attendu les bras croisés qu'on se dépêche de résoudre la panne. Puis quand il a vu que les ingénieurs peinaient, il s'est levé et a fait son caprice de star en déclarant « ok good night », et a quitté la salle. J'étais en train d'halluciner. Je ne pensais pas qu'on pouvait être aussi débile. Pendant ce temps, son batteur et son guitariste se décarcassaient à essayer de faire marcher les instruments. Ils ont eu du mal, mais leur acharnement leur a permis de faire revenir le son. Ils ont alors enchainé sur un autre morceau, et le chanteur est revenu comme une fleur, au milieu de la scène d'un air de dire « bon ce n'est pas trop tôt » - « je vois qu'on a besoin de moi alors je reviens ». Il aurait pu rester dans les loges, ça ne m'aurait pas du tout gênée. Ils ont enchainé sur un autre morceau assez violent, avec des images de bagarres. Le batteur n'a d'ailleurs pas manqué de casser sa batterie en mille morceau pour clôturer la fin du concert. Très intelligent ! Ils nous ont vite salués et ont quitté la scène. J'étais soulagée que ce soit la fin. Malheureusement je devais avoir la poisse car ils sont revenus pour un rappel (très peu de groupes n'avaient eu droit à ce privilège). Le chanteur est descendu dans la fosse pour chanter avec les personnes de devant, et en a ramené deux avec lui. Elles ont fait un gigantesque saut et ont slammé jusqu'à la moitié de la salle.
Heureusement le concert touchait à sa fin, et je me suis empressée de le lever pour aller voir Asian Dub Foundation. La pluie avait cessé, mais le froid était à son apogée. La population avait sacrément changé. Je me suis retrouvée plongée dans l'univers du summer festival de l'an dernier avec tous les drogués qui avaient trois grammes d'alcool dans chaque ½il. Le site était vraiment devenu crade (on était censé être sensibilisé au tri sélectif), et les bénévoles essayaient tant bien de mal de ramasser les détritus qui trainaient. Certains étaient en train de faire pipi dans les allées, d'autres rampaient parterre. J'ai même croisé un gars totalement inconscient sur le sol, que ses camarades essayaient de réanimer. Ca faisait pitié à voir. Je me suis approchée de la scène Joe Strummer, mais ai bien pris le soin de ne pas me mélanger à la fosse sous le hangar. Je n'avais pas envie de respirer les vapeurs d'alcool et de canabis. Le sol était boueux et il était impossible de m'asseoir sur les collines. J'ai donc été contrainte de rester debout. Asian Dub Foundation était un groupe d'Electro/Dub qui m'a de suite fait penser au Peuple de l'herbe. C'était tout sauf mélodieux. C'était un mélange d'hip/hop et platine très très moche. Mais comme ce groupe était célèbre, j'ai fait l'effort de rester jusqu'à la fin pour ne pas mourir idiote et savoir ce qu'ils faisaient en concert. Je me suis demandée comment on pouvait aimer ce type de musique. Ou alors c'était le simple plaisir de se défoncer la gueule sur de la musique électro. Les secondes défilaient lentement, c'était insupportable pour les oreilles. Puis deux personnes complètement bourrées ont commencé à m'accoster pour me grommeler quelque chose que je n'ai pas compris tellement elles étaient déchirées. J'ai alors hoché la tête et me suis empressée de changer d'endroit. Mais l'un d'eux m'a suivie pour me dire autre chose, mais n'a pas insisté et est parti rejoindre ses potes qui étaient en train de quitter le site. J'ai alors décrété qu'il était grand temps que je m'en aille, que l'ambiance et la musique étaient vraiment devenues pitoyable. J'ai regardé le groupe encore 5 minutes, puis suis partie au moment où le chanteur demandait au public de chanter en c½ur avec lui. Tant pis pour les autres groupes, mais de toute façon ils ne m'intéressaient pas beaucoup.
J'ai donc pris le chemin pour rejoindre ma voiture garée sur le parking, et j'ai pu constater que d'autres personnes qui avaient l'air clean faisaient de même.
Le brouillard s'était levé, et il m'a été difficile de retrouver la sortie de Cap Découverte. En chemin, j'ai recroisé une nouvelle fois les flics. Mais ce coup-ci ils étaient occupés à secourir une voiture accidentée. Ils ne m'ont pas arrêtée, mais s'ils avaient pour ordre de rester jusqu'à la fermeture, ils allaient certainement avoir du travail.
La programmation m'aura une fois de plus déçue. Ce festival autrefois populaire a pris un sacré virage. Heureusement que la qualité du site est toujours là, et continue de me motiver pour y revenir chaque année.

# Posté le samedi 27 septembre 2008 11:44

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