Les arènes étaient quasiment pleines et j'avais tenté le coup de me mettre dans la fosse. J'étais pas trop loin de la scène mais je savais que j'allais certainement être obligée de reculer à cause des fichus pogos !
Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour voir notre cher Albert Hammond JR et ses musiciens entrer sur scène pour nous présenter son album solo. Si j'avais eu à leur donner un nom, je les aurais appelés « frisette boys » car ils avaient tous une sacrée coupe de cheveux avec des bouclettes partout !! Ils étaient trois guitaristes, avec un batteur et un bassiste. Autant dire que les amateurs de « rock qui pète » en avaient pour leur compte. Moi je trouvais ça un peu trop simpliste et surtout un peu trop bruyant et banal, mais au moins les gens écoutaient tranquillement et je n'avais pas à gérer les bousculades. Ils dégageaient beaucoup d'énergie sur scène, même un peu trop car j'ai été horrifiée de voir le chanteur foutre un coup de pied dans sa guitare électrique !! Ce sont des choses que j'ai du mal à tolérer ! Ils auront joué en tout 40 minutes, sans presque aucune pause, si ce n'est pour nous remercier de notre accueil. J'ai pu récupérer la setlist sur le net (je ne connaissais pas du tout son répertoire, donc impossible pour moi de citer de tête ce qui a été joué).
Il y a eu : Everyone Gets A Star – Holiday - In Transit - Bright Young Thing - Don't Cha know - Back To The 101 - Postal Blowfish - Hard To Live In The City
J'avais les oreilles explosées à force d'entendre des coups de guitare et de basse à tout vent. Le son était beaucoup trop fort !! Il me tardait que la chaleur du violoncelle et de l'orgue d'Arcade Fire vienne me caresser les tympans. Manque de bol, une fois le show d'Albert terminé, j'ai compris que les techniciens étaient entrés pour installer le plateau des Artic Monkeys. Je n'en n'avais donc pas terminé avec le rock brut qui faisait péter les oreilles. Je n'ai jamais accroché sur les titres de ces jeunes singes. Je n'y trouvais rien de faramineux, si ce n'est de sauter comme des malades au rythme de la batterie. J'avais passé l'âge ! Pourtant je savais que j'allais devoir subir l'hystérie de ceux qui étaient venus pour se bourrer la gueule et pogoter. D'ailleurs dès que nos jeunots de 20 ans ont fait leur apparition pour jouer « The View From The Afternoon », j'ai commencé à passer un mauvais moment. On aurait dit qu'ils avaient appuyé sur un bouton « On » pour allumer l'enthousiasme de la fosse. Ils avaient accumulé un sacré succès depuis la sortie de leur dernier album. Et dire qu'il y a seulement quatre ans ils ne savaient pas jouer d'instruments !! C'était assez hallucinant de voir la vitesse à laquelle ils avaient réussi à se faire un nom !
D'où j'étais j'avais du mal à voir ce qui se passait sur la scène. C'était très frustrant ! Et puis de toute manière je passais mon temps à faire slammer les ados et à ne pas me scratcher parterre. Le public de devant était plutôt jeune, mais les plus âgés étaient certainement restés derrière pour attendre Arcade Fire. C'est peut-être ce que j'aurais dû faire ! Comme Albert Hammond, nos jeunes musiciens ont enchaîné leurs titres comme des bombes sans s'arrêter et respirer une seconde. Il y a eu “Brianstorm”, “Still Take You Home” ou encore “Dancing Shoes”. Certains ont davantage marqué la fosse que d'autres comme «Fluorescent Adolescent » (forcément !) et « From Ritz To The Rubble ». Mais la chanson la plus acclamée aura certainement été « When The Sun Gets Down ». Jusqu'à présent je ne voyais rien de faramineux dans les compositions qu'ils nous jouaient. Certes ils dégageaient beaucoup d'énergie, peut-être même un peu trop, mais les chansons restaient assez simplistes et pas franchement intéressantes pour un groupe de ce nom ! Et c'est là que j'ai vu le chanteur (Alex je crois ?)...... se mettre au piano !! Tout de même, enfin un peu d'originalité !! Le titre s'appelait « 505 » il me semble. Il me tardait vraiment que leur set se termine, cela faisait déjà 1h qu'ils jouaient !! La nuit venait de tomber et les gens se rapprochaient de plus en plus dans la fosse. Je commençais à avoir un peu de mal à respirer et à en avoir marre de me prendre des coups dans la gueule. Heureusement il ne faisait pas spécialement chaud pour un mois de juillet. Un petit air frais me permettait de ne pas perdre mes esprits.
Puis enfin les Artics Monkeys ont fini par nous saluer pour laisser place à Arcade Fire, en ne manquant pas de hisser un drapeau britannique à leur effigie. Ils venaient d'enchaîner 16 chansons sans s'arrêter une seconde.
Voici la setlist : View From The Afternoon – Brianstorm - Still Take You Home - Dancing Shoes - From Ritz To The Rubble - Teddy Picker - This House Is A Circus - Fluorescent Adolescent - Fake Tales Of San Francisco – Balaclava - Old Yellow Brick - I Bet You Look Good On The Dancefloor - If You Were There, Beware - Do Me A Favor - When The Sun Goes Down - Leave Before The Lights Come On – 505 - A Certain Romance.
Il était maintenant temps que notre famille Québécoise fan de basket fasse son entrée sur scène ! D'après ce qu'on m'avait dit, ils étaient dix à se la partager. Autant dire qu'il allait y avoir de la richesse instrumentale !! Tout ce que j'aime !! Il aura d'ailleurs fallu presque 1h aux techniciens pour installer tout le matériel des Arcade Fire. Ils ont commencé par hisser un rideau rouge avec des projections d'images de bibles dessus, comme sur la pochette du dernier album « neon bible », puis ont hissé des petits écrans ronds pour qu'on puisse projeter des films et apercevoir de temps en temps la tête des musiciens. Le plus dur aura été d'installer tous les instruments nécessaires : violoncelle, guitares, violon, basse, percus, trombones, orgue, xylophone etc... Je crois qu'on pouvait difficilement en rajouter des supplémentaires. On aurait dit qu'un décor de pièce de théâtre venait d'être instauré !! Il ne manquait plus que les costumes ! Mais je ne croyais pas si bien dire : quand nos musiciens ont fait leur apparition, ils étaient tous habillés élégamment avec de belles robes pour les filles, et des costards pour les hommes. On se serait vraiment cru dans un monde imaginaire ! D'ailleurs le concert n'a pas démarré tout de suite. Nous avons d'abord eu droit à une petite histoire racontée par une dame, dans les petits écrans. Malheureusement elle parlait en Anglais et je n'ai pas compris ce qu'elle nous disait. Mais c'était certainement destiné à planter un décor avant de débuter le spectacle. C'est « Keep the car running » qui a ouvert le bal ! On se serait cru dans un conte de fée avec toutes ces paillettes et ces étoiles qui étincelaient sur scène. Et « Laïka » (de la série des Neigborhoods du premier album) a été l'élément déclencheur de la frénésie du public. Mais les gens bougeaient quand même beaucoup moins car il s'agissait d'un répertoire davantage.....euh.....spirituel ? Le lyrisme était au rendez-vous et il fallait avant tout ouvrir grand les oreilles pour apprécier la beauté instrumentale des morceaux !! « No cars go » a ensuite suivi et j'ai été assez déçue par la qualité sonore. On entendait mal les instruments. Je peinais à entendre le son du violoncelle sur ce titre pourtant envoûtant au niveau des arrangements cordes. Je pense qu'on y aurait gagné en baissant le son global qui bousillait les tympans. J'étais assez en colère par rapport à ça. Mince Arcade Fire avec du son pourri c'était intolérable !! Deux autres titres ont également magnifiquement été interprétés par Win et Régine, les deux chanteurs du groupe : « Haiti » et « Neon Bible ». Nous nous trouvions toujours plongés dans cette ambiance féérique, au milieu des paillettes. Nous étions comme envoûtés ! Je pestais de ne pas voir grand-chose dans la fosse, j'entendais plus que ce que je voyais. J'ai cependant été interpellée par la reprise de « poupée de cire, poupée de son » de France Gall. Régine Chassagne s'est saisie d'un foulard violet et s'est mise à faire une chorégraphie tout en continuant de chanter. Elle était vraiment magnifique. Quand je vous disais qu'on avait l'impression d'être dans un théâtre !! Elle nous a également montré ses talents de chanteuse sur « black waves/bad vibrations » en duo avec Win. Qu'est-ce que j'aimais les arrangements mélodiques de leurs morceaux !!! Pour moi il n'y avait aucun doute : ils étaient les rois de la soirée ! Rien à voir avec les titres épurés des Artic Monkeys !! En plus je trouvais la voix de Win vraiment envoûtante. « Black miror » et « Ocean of noise » auront continué à préserver l'enthousiasme du public, avant que ce ne soit réellement la folie sur « Tunnels » (Neighborhoods). De loin le meilleur titre d'Arcade Fire !! Les gens ont même pogoté sur ce morceau, alors que leur musique est plutôt intellectuelle !! C'était magnifique à voir, nous faisions tous les ch½urs avec des « wouhouhouhou » entre chaque couplet. Cela faisait déjà plus d'1h qu'ils jouaient et j'avais peur que la fin du concert n'approche. Ils ont enchainé sur « The well and the lighthouse » avant de nous quitter. Je ne pensais pas qu'il y aurait un rappel vu que cela faisait presque 1h30 qu'ils étaient sur scène. Mais comme je le disais, ils étaient les rois de la soirée !! Ils ont donc eu droit de revenir, un peu comme des chevaliers, pour nous jouer deux derniers morceaux. Il y a d'abord eu « Power out » (Neighborhoods). Une tuerie ce titre, les notes me portaient dans une frénésie impressionnante !! Qu'est-ce que je me sentais bien ! Manquais plus que je puisse voir ce qui se passait sur la scène et là ç'aurait été l'apothéose totale !!! mdr.
Enfin, le spectacle s'est terminé avec « Rebellion » du premier album. Ils venaient de faire pleurer les vieilles pierres des arènes. Pourtant elles avaient dû en voir sous l'empire romain ! Mais rien n'est plus dévastateur que les morceaux d'Arcade Fire !! Assister à leur premier concert dans un cadre aussi somptueux aura vraiment été un privilège pour moi !!
Setlist de leur concert : Keep The Car Running – Laika (Neighborhoods) - No Cars Go – Haiti - Poupée de Cire, Poupée de Son (F.Gall, S. Gainsbourg) - Black Wave/Bad Vibrations - Neon Bible - Black Mirror - Ocean Of Noise – Tunnels (Neighborhoods) - The Well And The Lighthouse - Power Out (Neighborhoods) - Rebellion (Lies)




